Si, en Allemagne, on parle de « Libre-culture », en France, on cite la Méthode naturelle de Georges Hébert. Ces deux approches se préoccupent du développement harmonieux du corps et de ses facultés physiques. Georges Hébert (1875- 1957) embrasse la carrière de la marine dès l’âge de 18 ans. Durant dix ans, il voyage à travers le monde à bord de grands voiliers et visite ainsi de nombreux continents.
Il côtoie durant ces années plusieurs peuples indigènes d’Amérique centrale et d’Afrique et est surpris par leurs capacités physiques. Quatre ans après la fin de son apprentissage à l’École Navale, il intègre l’École de Gymnastique de Lorient. En 1905, il devient officier et enseigne les exercices physiques à l’École des fusiliers marins où il met en place une méthode d’entraînement révolutionnaire qui sera validée par ses supérieurs en avril 1905.
En 1907, il sort un premier ouvrage, « L’éducation physique raisonnée, projet de manuel de gymnastique, spécial à la Marine ». Cette nouvelle approche d’entraînement permet à la Marine de s’affranchir de l’École du bataillon de Joinville qui imposait une discipline sportive à tous les autres corps militaires.
Sa méthode retranscrit les mouvements observés dans un panel d’exercices variés et codifiés visant à améliorer la résistance de l’organisme au contact de la nature. En 1910, son approche théorique emploie une analyse naturiste de notre société, il affirme que notre vie moderne nous enlise dans un confort néfaste pour notre organisme et que nous devons nous replonger dans la nature pour retrouver force et pureté. Cette réflexion rappelle le mythe du «bon sauvage» développé dans les ouvrages de Diderot, Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre. Si Hébert n’a jamais employé le mot naturiste dans ses ouvrages, son argumentation s’en approche.
Quant à la dénudation durant l’entraînement, elle est organisée dès 1904 lorsque les circonstances atmosphériques le permettent. Ce qui lui vaudra les critiques du Dr Philippe Tissié, fervent défenseur et pratiquant de la méthode sportive suédoise, l’autre méthode d’éducation physique pratiquée alors en France : « Sa méthode ne pourra jamais être appliquée dans les écoles, parce qu’on ne pourra jamais mettre nus les enfants, garçons et filles, pas plus que les instituteurs ni les institutrices » (Rapport sur l’éducation physique présenté à M. le Maire de Pau lors du conseil municipal du 23 mai 1913).
C’est en 1910 que le terme « Méthode naturelle » apparaît pour la première fois ; jusqu’alors, les qualifications « éducation physique raisonnée » ou « méthodique » étaient employées. Les bains de soleil sont alors utilisés et Hébert insiste sur la nécessaire nudité pour en acquérir tous les bienfaits. On peut cependant se poser la question de savoir si cette nudité était complète ou partielle comme on le voit sur les photos. Après la première guerre mondiale, des filiales hébertistes seront créées partout en France, sans forcément l’accord du Maître de la Méthode naturelle, dont la plupart pratiqueront la nudité complète lors de leurs exercices.
En 1912, il intègre le Collège d’Athlètes de Reims où il aura pour élèves de nombreux sportifs de renommée internationale comme Jean Bouin. Au lendemain de la débâcle des Jeux Olympiques de Stockholm, la Méthode Naturelle est alors présentée comme le seul remède au manque de compétitivité de nos athlètes. Ce collège sera détruit durant la guerre.
Jaloux ou objectifs, quelques-uns critiqueront Georges Hébert car, dans ses écrits, il ne fait pas référence à ceux qui l’ont influencé, prétextant qu’il est l’unique auteur de la Méthode naturelle. Par exemple, Pierre de Coubertin disait qu’il s’était largement inspiré des épreuves sportives organisées par son Comité de la Gymnastique Utilitaire auxquelles il avait participé avec ses élèves de la Marine. D’autres diront que l’observation des indigènes n’était qu’un subterfuge car il a surtout noté les méthodes d’entraînement des marines américains pour créer la base de sa méthode. Hébert use aussi, sans les nommer, des expériences hydrothérapiques mises en place par Priessnitz et Kneipp.
L’article Georges Hébert est apparu en premier sur La Bibliothèque Naturiste.



