29 octobre 2020

Tempête, randonue et …sauvetage.

""Depuis plusieurs mois, le littoral atlantique est dévasté par les tempêtes successives. Certes les dunes s’écroulent sous les assauts répétés des vagues d’un océan démonté.
L’océan ne nourrit plus les oiseaux qui viennent en nombre, épuisés, s’échouer sur le sable pour souvent y mourir. L’océan vomit sur les plages tous les plastiques et tous les déchets dont l’homme le gave depuis trop longtemps. Quel triste décor pour une randonue!
Et pourtant il y a de petits gestes à faire pour les amoureux de la nature…

 
Mercredi 19 février : le temps est mitigé mais je choisis tout de même de partir marcher vers le littoral. Accueilli par la pluie en arrivant, le temps s’est soudainement totalement découvert. Le ciel est bleu, le soleil brille et contre toute attente, je vais pouvoir marcher nu. La sensation est extrême en cette période de l’année et sur cette plage dévastée qui a un air de fin du monde. Avec la marée basse, il est encore facile de marcher au propre. Les oiseaux morts se mélangent aux débris de toute sorte.
Il m’est arrivé déjà une fois il y a une dizaine de jours de trouver un guillemot vivant. Loin de tout, je n’ai rien pu faire pour lui que de le mettre au sec. Il semble qu’aucun des macareux échoués n’ait pu survivre. Il me faudra du temps ce mercredi pour trouver un accès praticable pour descendre sur la plage. Et voilà qu’après quelques centaines de mètres de marche, j’aperçois un guillemot, encore un et vivant! Encore cette fois, je me sens impuissant à lui venir en aide. Je le mets au sec, je lui trouve…comme un signe du destin…un petit poisson échoué que je dépose devant son bec. Il crie en voyant ma main s’approcher trop près et me remercie d’un coup de bec. Je m’éloigne de lui en me disant qu’il faut que je trouve quoi faire pour l’aider à survivre. Je décide qu’au retour je reviendrais le voir.
C’était son jour de chance. Là bas, dans les débris je trouve une nasse. C’est devenu une évidence pour moi, elle va me servir à le transporter. Quelques morceaux de ficelles me servent à la réparer.
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Je prends le chemin du retour pour aller retrouver "mon ami l’oiseau". Fort de ma première expérience, je le capture délicatement en lui bloquant le cou afin d’éviter ses coups de bec. Et hop, le voilà dans la cage. Il va vivre! Je ne sais pas encore comment je vais faire, mais c’est décidé, je vais l’aider. Et s’il le faut j’irai jusqu’à l’emmener chez moi le temps de savoir quoi faire.
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Bien vite je m’aperçois que l’idée est bonne mais que la nasse que je traine derrière moi a tendance à charger du sable. C’est lourd à tracter. Avant que j’ai pu m’interroger davantage, me voilà face à face avec un deuxième guillemot. Je le ramasse et suis content d’offrir une compagnie à mon petit ami.
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Ce n’est pas sans une certaine excitation que je poursuis ma route. La marée commence à remonter. Le temps se rafraichit un peu mais je sens encore la chaleur du soleil sur ma peau. Compte tenu de l’état des dunes et de l’absence de chemins, je sais que je ne pourrais pas retourner au parking avec cet attelage. Est ce l’effet SOTCHI, mais c’est l’idée de la luge qui va me sortir de l’embarras. Si je trouve un fond à ma cage je suis sauvé! C’est en le cherchant que je trouve un troisième guillemot vivant lui aussi. Il m’attendait peut être!! Quelques morceaux de ficelle et une cagette pastique vont faire mon bonheur.
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L’heure tourne. Il me parait peu raisonnable cette fois de vouloir rentrer chez moi avec ces trois oiseaux. Je suis seul, loin de tout. Que faire? Je pense à téléphoner au 17. C’est ma première idée. Curieux pour un randonueur naturiste d’appeler la gendarmerie à son secours…mais bon, le jeu n’en vaut il pas la chandelle? Trop occupés par une urgence, mes correspondants m’adressent une fin de non-recevoir. Je poursuis mon chemin en cherchant une solution.
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Les pompiers, oui surement les pompiers pourront m’aider! Heureusement quand je pars seul j’ai toujours mon téléphone portable avec moi. Je fais le 18. Très sympathique, le pompier me donne des numéros de téléphone des personnes à contacter. Le bruit des vagues m’empêchent de comprendre qui je vais appeler. J’écris les numéros sur le sable mouillé, loin de l’eau et je le remercie. C’est un numéro d’urgence qu’il ne faut pas non plus trop encombrer. La chaine de solidarité est en marche. J’appelle le premier numéro que j’ai récupéré. Une charmante personne prend mon appel. Elle demande plusieurs minutes pour chercher où je dois déposer mes trois oiseaux. Je l’appelle à l’issu de ce délai. Je dois être chez un vétérinaire local avant 19 heures! A la position du soleil j’estime que je n’ai pas beaucoup de temps pour arriver. La randonue est terminée…il fait frais, la marée m’interdit de rester sur la plage parce l’eau monte déjà au pied des dunes écroulées. Je m’habille et la course contre la montre commence !
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Avec mes vêtements j’ai chaud mais je ne peux pas rester nu pour aller jusqu’au parking. Je ne m’étais pas rendu compte que j’étais si éloigné de la civilisation. Je marche comme ça, tirant mes compagnons un peu secoués pendant 4 à 5 km. Enfin, je suis à la voiture. J’installe mes compagnons dans le coffre, démarre, mets du chauffage mais pas trop et leur fait écouter une chanson de Johnny Halliday qui passe à la radio.
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Pari gagné! Après quinze minutes de route je mets au chaud mes trois petits amis dans le local du vétérinaire. Et je sais que jeudi 20 dans la matinée, une association locale de protection des oiseaux va venir les chercher pour les soigner. Je souhaite qu’ils retrouvent bientôt leur liberté et qu’ils se souviennent qu’un homme, seul, tout nu, libre lui aussi, amoureux de la nature et premier maillon d’une chaine leur à tendu la main.
 

12 réflexions sur « Tempête, randonue et …sauvetage. »

  1. franchement, si on m’avait dit complimenter l’auteur de cet article, ça m’aurait juste soulever un demi sourcil.
    Bon, j’ai été sensible à la qualité de ce qui est publié et à la profonde humanité qui se dégage de ce petit sauvetage. C’est un bel exemple de ce qu’on peut faire pour la nature.
    Après, on peut être plus doué pour ce type d’attitude que pour les relations humaines,… [addsig]

  2. Il y a eu en effet enormement d’oiseuax victimes des tempetes.
    Trés beau reflexe, j’ai moi meme recueilli 2 guillemots que j’ai amené chez un vétérinaire, ils ont été pris en charge par une association.
    [addsig]

  3. “et qu’ils se souviennent qu’un homme, seul, tout nu, libre lui aussi, amoureux de la nature et premier maillon d’une chaine leur à tendu la main.”

    Eh oui, entre animaux à poil ils t’ont reconnu comme frère!

  4. “et qu’ils se souviennent qu’un homme, seul, tout nu, libre lui aussi, amoureux de la nature et premier maillon d’une chaine leur à tendu la main.”

    Eh oui, entre animaux à poil ils t’ont reconnu comme frère!

  5. bon…j’ai aussi un jour jetté une bouée de sauvetage à un Peureux solitaire. Et comme l’oiseau, il m’égratigne à coups de bec. Je pardonne.

    La mauvaise nouvelle c’est que seul un des trois oiseaux a survécu. Mais je suis paré aujourd’hui pour savoir quoi faire. La première chose après la prudence pour les capturer, est de les couvrir pour les réchauffer sans jamais essayer de vouloir les substanter. Si vous voulez en savoir plus il y a le site à consulter (lpo.fr à Audenge).
    Je me suis confectionné une caisse…équipée… et pars ce matin pour venir en aide aux oiseaux et aux bénévoles sur les plages.

  6. ça n’a plus de rapport avec les oiseaux mais toujours avec la tempête: j’ai lu ces jours-ci qu’en remuant le sable jusqu’à trois mètres de fond, la tempête avait mis à nu des mines de la seconde guerre mondiale et que dans plusieurs endroits du littoral, les démineurs sont à pied d’oeuvre.

    Il y a quelque chose comme deux ans, la Première Guerre Mondiale a encore fait un mort, quelqu’un qui a sauté sur une mine.
    Si la mine a été “conservée dans de bonnes conditions”, elle peut toujours être dangereuse.
    Ce qui fait que dans des pays comme l’Iran et l’Irak qui furent en guerre il y a 30 ans, au Vietnam, au Tchad, en Angola, au Congo, au Cachemire, etc. etc. et bien sûr en Afghanistan (entre bombes soviétiques, des talibans, des Américains et alliés, ça ne manque pas), il y a dans le monde plein d’endroits où il ne faut pas mettre les pieds!

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