26 octobre 2020

Compte Rendu de la NEWT 2013

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Suis-je vraiment obligé de vous présenter la NEWT (Naked European Walking Tour) organisée par Richard Foley chaque année depuis 2005 ? Après quelques années en itinérance en camping sauvage, la NEWT est dorénavant proposée au départ d’un gîte. Ce qui permet plus de confort et une meilleure récupération des organismes. Les itinéraires partent parfois du gîte, ou en prenant la voiture. Cette année, les participants ont même pu être nus devant leur lieu de résidence : une grande demeure de 3 étages avec une belle prairie devant nous.

Une semaine de naturisme dès que le lieu le permet sans sentir une épée de Damoclès sur la tête. L’Autriche, pays de liberté pour nos corps souvent réduits à se cacher derrière des vêtements inutiles et culpabilisants. Voici le compte rendu d’une formidable journée, une rando de 9h30 avec plus de 1000 mètres de dénivelés.

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Mardi, comme la veille, nous partons du gîte à 9h00, on a quasiment une heure de route à faire. C’est après un long chemin de terre qui monte en lacets et des virages en épingles que nous arrivons sur un grand parking. Nous sommes à Ursprungalm, à 1500 mètres d’altitude.

http://www.ursprungalm.at/
Les photos du lieu sur Google image

Entourés de montagnes enneigées, je me dis qu’on va avoir froid, le parking est à l’ombre, un léger vent se fait sentir. La veille, j’avais mis mon bonnet mais j’avais oublié mes gants, cette fois, j’ai tout pris. Il a plu durant la nuit et la rosée rafraîchit l’épiderme. Mais tout le monde semble confiant et ils sont déjà tous torse nu. Il est 10h00.

Nous démarrons la marche et dés les dix premiers mètres, j’ai déjà chaud, je fais déjà une halte pour enlever le tee-shirt. 20 mètres plus loin c’est la jupe rapide que je retire mais sans m’arrêter cette fois, car ici inutile de se cacher pour vivre nu. Dés que le lieu le permet, c’est à dire en pleine nature, la nudité est très bien acceptée par tous, un paradis ! Le soleil est bien présent, le ciel est dégagé, l’air frais est déjà un lointain souvenir, pas de vent, ça cogne ! Je prends des photos de tous ce qui m’entoure, je suis émerveillé, la journée sera exceptionnelle ! Après deux rando qui seront montées en puissance, celle-là sera la plus dure, la plus haute en altitude, la plus longue, mais la plus belle aussi, celle qu’on gardera en mémoire à jamais. C’est un devoir de vous la faire partager.

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Tout le monde fait une halte pour qu’on se mette la crème solaire, il serait idiot qu’un vilain coup de soleil nous gâche notre séjour. Les gens passent, nous parlent, plaisantent avec nous, certains nous prennent en photo discrètement. Tout le monde connait la FKK, la Fédération naturiste Allemande, une institution nationale ! Il y a une telle ambiance conviviale et sympathique avec le public qu’on a même du mal à y croire, nous, français, qui sommes tant imprégnés d’un sentiment de culpabilité à vivre comme nous le souhaitons, de peur de gêner, de passer pour des gens irrespectueux des autres. Ici, nous sommes libres, enfin. Libres de ne pas nous cacher derrière un cache sexe hypocrite. Quelle tolérance vis-à-vis des autres, la France pays de l’égalité, de la fraternité et des libertés, aurait tant à apprendre de ces pays.

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Avec ma peau, je dois passer la crème partout, je suis un peu long. Tout le monde repart sur les sentiers et je me retrouve seul, nu comme un vers au milieu des autres marcheurs. Randonneurs qui n’ont pas vu que je faisais parti d’un groupe. Il y a quasiment autant de monde que sur le chemin de Luminy au départ principal des Calanques de Marseille. Parfois, j’ai du mal à y croire. Je suis seul mais personne ne s’offusque de ma présence, certains me sourient, même si je sens bien que le fait que je ne sois plus en groupe passe moins bien qu’en groupe.

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Je rattrape le groupe à un sommet pour faire une belle photo de groupe. On aperçoit le premier lac et la première auberge. Nous continuons sur la gauche et puis nous ne tarderons pas à apercevoir le grand lac dont Richard nous avait parlé. Nous croisons des chevaux en liberté sur le sentier. Ils se laissent caresser. L’immersion dans cette nature est totale. Des textiles nous poursuivent, nous dépassent, aucun souci, nous sommes tous humains et nous sommes fait de la même façon.

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Et puis Richard dit de nous rhabiller, qu’est ce qui se passe ? Les gardes forestiers sont là ? La police ? Mais non, pauvres esprits bien français, nous passons à côté d’une auberge. Comme nous ne pouvons pas faire autrement qu’être à 3 mètres de celle-ci, par respect, on se rhabille. C’est l’auberge Ignaz mattishutte, nous sommes à 1986 mètres. Le lac est juste en bas, à 1890 mètres.
Déjà, 380 mètres de dénivelés dans les pattes, le paysage est tellement beau que nous les sentons à peine.

Et puis, direction les sommets, ça monte raide, les cordes sont même sur le sentier pour nous aider dans certains passages. Forcément, nous nous sommes déjà remis dans notre tenue, est il obligé de le préciser ? Nous croisons d’autres groupes de randonneurs. Nous discutons souvent en allemand, donc je ne comprends rien du tout, parfois en anglais ou j’arrive à comprendre quelques morceaux de phrases. L’un deux dit « en voyant le lac d’en haut, je disais justement à ma femme que ce serait un bel endroit pour des nudistes. Et puis, on vous croise !! ». Un autre nous dit « je sais qu’en Suisse, c’est interdit mais ici, c’est bien, ça l’est pas » mais quelques uns l’ont vu déjà vu sur internet des photos de rando-nue.

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Nous montons un chemin en lacets pour arriver sur un plateau avec des petits lacs. La vue de ces petites étendues d’eaux aux sommets, entourés de neiges, est féerique. Une photo d’une personne habillée gâcherait la photo, c’est tellement beau de voir se mouvoir tous ces corps nus et libres dans cette espace naturel. Gros, maigres, vieux ? Quelle importance, c’est cette immersion de ces gens bien dans leur peau qui est belle.

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Puis vient la pause, à peine assis et une petite trempette dans une eau glacée qu’on doit repartir. J’ai pas fini mon repas, Fred non plus. Nous continuons notre ascension mais jusqu’ou on montera ? 2500 mètres ? 2700 ? Je perds la notion de l’altitude, j’ai l’impression qu’on monte sans arrêt. En fait, on suit un chemin de crête qui est en faux plat et qui parfois redescend un peu, donc, nous progressons peu en altitude. La vue est parfois à 190° et c’est époustouflant. Je dis à Mark, l’Américain pour qui ce sont ses premières rando-nue « It’s just amazing to be naked in this place, it’s so wonderful ! ». Il rigole mais le pauvre n’en peut plus, d’ailleurs, les autres commencent aussi à fatiguer. A un sommet, nous croisons des randonneurs lourdement chargés, ils ont un deltaplane dans leur sac.

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Nous traversons parfois des névés et ça donne lieu à quelques photos amusantes et à des jets de boules de neige. Puis, seconde halte pour finir notre repas. Cette pause sera un peu plus longue mais ne dépassera pas l’heure de pause syndicale appliquée dans mes rando-nues dans les Calanques. Nous re-démarrerons rapidement…

A un sommet, nous voyons le parking, mais fausse joie pour certains l’heure du retour est loin d’avoir sonné. Nous continuons à marcher sur la crête pour arriver à un passage scabreux avec corde qui fera frémir Pascal et Bernard. Dessous, plus de 300 mètres de vide, le sentier est étroit et il y a une petite descente à faire, rien de bien compliqué mais pour ceux qui ont le vertige, ils doivent faire un effort surhumain. Pascal dit « moi je passe pas ici » et Clarisse de dire « T’es bien obligé comment tu veux faire, tu fais demi-tour ? ». Finalement, tout le monde passe, pour se reposer de cet effort, une pause de 20 mn est proposée.

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Il est déjà 15h00. Je vois une pancarte, sommet de Schiedeck à 20mn, en faisant vite, je pense avoir le temps de faire l’aller retour dans les 20 mn, tout en prenant quelques photos. Je demande à Richard si je peux monter, il me dit ok mais faut me dépêcher, car nous avons encore du chemin. Bernard et Harry viennent avec moi, le reste du groupe est crevé. Nous laissons nos sacs et c’est juste avec mon appareil photo que je monte, nu sans sac à porter, le bonheur total. Au bout de 10 mn, nous sommes au sommet, il est à 2339. Nous voyons le reste du groupe tout en bas en miniature. On les appelle mais ils ne nous entendent pas. Je prends quelques photos et nous descendons, nous perdons le sentier et c’est dans les pierriers que nous essayons de ne pas trébucher. Quand nous arrivons, le groupe nous attend pour partir, nous n’aurons pas mis plus de 20 mn, une gorgée d’eau et nous voilà repartis !

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Voilà, enfin le retour, la descente. La végétation est moins sèche, les fougères et les fleurs réapparaissent, l’herbe est plus haute. Après les moutons et les brebis aux sommets, voilà les vaches. Nous ne voyons plus le parking, ce qui fait que certains s’inquiètent, nous nous en sommes trop écartés et l’arrivée est encore loin. Nous pensons que Richard n’a jamais fait ce parcours, il regarde sa carte souvent. Arrivés à une ferme, il y a de l’eau fraîche qui coule d’un tuyau, presque tout le monde remplit sa bouteille mais le filé d’eau est fin mais ça suffit pour avoir quelques gorgées.

Nous traversons des prés avec des petites rivières qui coulent au milieu, le sentier est parfois recouvert d’herbes et nous progressons au feeling. Finalement, nous arrivons dans une forêt ou la route est large puis se rétrécit. Les quelques raidillons à monter, surtout quand ils se présentent en escalier, achèvent les cuisses. L’heure avance, inexorablement, et beaucoup se demandent à quelle heure nous arriverons au parking, il est déjà 19h00, heureusement, le soleil nous réchauffe encore bien.

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Mark, l’américain de Los Angeles, a pris un bon coup de soleil, il s’est rhabillé mais il est exténué. Il est certain qu’il dira dans son livre que bien qu’on marche nu, nous sommes de vrais randonneurs.
Un dernier croisement, nous hésitons, puis nous prenons le chemin le plus large. Bon choix, après deux virages, nous voilà au parking, il est 20h30. Il y a encore des voitures mais personne sur le parking, nous pouvons continuer nu jusqu’à nos voitures, que certains conduirons nus jusqu’au gîte ou nous sortirons nus et mangerons nus. La vie est si simple parfois.

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Merci de m’avoir lu en espérant que ce récit vous inspire pour que cette liberté puisse, enfin, exister en France. 

23 réflexions sur « Compte Rendu de la NEWT 2013 »

  1. Ah Bruno !
    Tu illustres avec toujours autant de talent, de vérité et d’engouement ce que tant de randonnueurs vivent et éprouvent ici et là.
    Je revis en regardant et en lisant ce que je viens de vivre dans le Val d’Aran, dans une Espagne respectueuse de la nudité, avec notre groupe formidable.
    Clin d’oeil à Bernard qui n’en loupe pas une ! [addsig]

  2. Sur la 1ière photo avec la banderole de l ‘ ANP de Marseille ,
    de gauche à droite , vous avez pour ceux qui ne les connaissent pas :

    * BERNARD et son bandeau rouge ayant GIBUS comme pseudo sur VIVRENU .
    Bernard randonne beaucoup à l ‘ international en toute Nudité , OF COURSE !

    * Au milieu , un certain BRUNO S . des CALANQUES ….

    * À droite , vous avez FRED d ‘ Aix-en-Provence qui a débuté le Naturisme en
    septembre 2012 par une RANDO NATURISTE
    dans les CALANQUES avec l ‘ AJNF et qui moins d ‘ 1 an après se retrouve en AUTRICHE ….
    C ‘ est chouette , hein !!

    Notre NUDIVAGO ( Vittorio ) d ‘ ISEO en ITALIE
    qui est sur ce Forum , participait lui aussi à
    cet(te) NEWT 2013 .
    NUDIVAGO continue avec d ‘ autres
    RANDONNEURS NATURISTES ITALIENS
    à promouvoir la RANDO NATURISTE en ITALIE :b

    [addsig]

  3. Merci Bruno de nous faire partager ces purs moments de bonheur.
    Beau reportage et photos superbes.
    Bernard toujours sur le pied de guerre, les 25 bosses, ça doit être de la rigolage à côté !!!!
    Amitiés et encore BRAVO
    Joël
    :=!

  4. Merci à tous pour vos commentaires chaleureux, ça incite à vous mettre d’autres photos et comptes rendus de mes sorties 😉 😛

    Mais faudrait aussi que ça motive d’autres à mettre les actualités de leurs activités respectives 😎

    Amicalement,
    Bruno
    [addsig]

  5. oui bruno, les commentaires positifs sont les principales motivations pour les contributeurs bénévoles de medias.
    Si on trouve apprécie une personne et son article, il faut écrire un commentaire, sinon il n’y aura plus d’articles et plus de videos 🙂

  6. Thank you Bruno for sharing the experience and the photos of your journey. The scenery looks fantastic and to enjoy it in naturist fashion must have been a great experience. My only reservation is the part with the rope and the sheer drop – I have vertigo: otherwise I would like to have joined you all.

    Thank you again for sharing your experience!

  7. Quand mes garçons auront l’âge de faire de la randonnée (à ce jour, le « sur les épaules, papa » vient trop vite!) ou s’ils vont ailleurs et que moi je suis libre, je ferai une telle randonnée.
    Et si c’est dans une zone germanophone, je peux servir d’interprète.

  8. Bonjour Bruno et félicitations pour votre reportage dans lequel on ressent la symbiose entre le corps et la nature ou alors le mental se reconnectant au corps énergétique . En tout cas , c’est mon ressenti quand je pratique le naturisme à l’état pur .

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