26 octobre 2020

Ma journée d’initiation au naturisme au lac de St-Cassien

Lorsqu’on est uniquement habitué à se promener nu entre sa salle de bain et sa chambre, réaliser une immersion d’une journée avec des naturistes purs et durs constitue un challenge osé. On tergiverse. On se pose des questions. Forcément, quand on n’est pas rompu à ce genre d’exercice. Dimanche matin, Roger Banchereau, administrateur de la Fédération française de naturisme, organisait une journée de découverte au lac de Saint-Cassien – « l’autorisation du maire a été donnée pour cet événement » – dans le cadre de la journée internationale « sans maillot »

10 h, le ciel est voilé. Un léger vent frais est aussi de la partie. Pas un temps à mettre un naturiste dehors… Enfin, c’est ce que je croyais. Une quarantaine d’adeptes de la nudité intégrale sont déjà dans les parages. On se fait la bise, on se tutoie d’emblée. L’accueil se veut extrêmement convivial. La plupart ne se connaissent pas et viennent majoritairement des Alpes-Maritimes et du Var. Mais l’harmonie semble se faire à la vitesse de l’éclair entre ces personnes unies par un mode de vie singulier, pratiqué par près de deux millions de personnes chaque été en France. Tout est mis en oeuvre pour que chacun se sente à son aise. Plusieurs sont en couple, d’autres en famille avec les enfants. Certains sont venus seuls. La moyenne d’âge des pratiquants se situe entre 40 et 60 ans. « C’est une philosophie de vie qui se mûrit avec le temps », estime Roger.

« Pas des extraterrestres »

A moi, le petit nouveau, Bruno et Jean-Paul me présentent leurs associations respectives de « randonnue ». « On préfère se regrouper car c’est plus chaleureux. Mais aussi pour des raisons de sécurité. L’année passée, une amie s’est fait agresser sur une plage vers le cap Canaille… ». Peu à peu, chacun commence à se déshabiller, tout en continuant à discuter. Le plus naturellement du monde. Nous nous trouvons sur un sentier au-dessus du lac. Certains descendent se baigner. Pour ce faire, il faut longer un petit chemin pendant deux cents mètres à travers la pinède, dans le plus simple appareil. Une petite cigarette pour déstresser… Et hop, je range les vêtements dans mon sac à dos. L’immersion peut commencer.

Par timidité, je conserve ma précieuse serviette dans une main pour essayer de cacher l’essentiel. Pas pour longtemps. « Il n’y a aucun regard malsain ou déplacés. Nous sommes tous sur un pied d’égalité », assure Daniel. La marche vers le lac sort terriblement de l’ordinaire. Nous sommes un groupe de sept et nous discutons de la pluie et du beau temps, sans « textile » sur le corps. « On ne fait rien de mal. Nous ne sommes pas des extraterrestres et on vit comme tout le monde, lance William, de Nice. C’est une question d’état d’esprit. Nous sommes très respectueux des gens. Quand on discute, je vous regarde dans les yeux. De l’environnement, aussi. Cela vient de notre complicité avec la nature. On ne laisse jamais un papier traîner par terre. »
« Une randonnue… par -7 degrés ! »

L’heure de la première baignade a sonné. Il est 11 h 15. Dans le lac règne un joyeux brouhaha. On plaisante. On fait connaissance. On se raconte ses dernières expériences de naturisme. « La dernière fois à Saint-Aygulf, on ne pouvait même pas poser sa serviette à cause de l’affluence », raconte William. « Nous avons fait une randonnue à la montagne, en raquettes, par moins sept degrés », sourit Jean-Paul.

Je me jette à l’eau avec Annabelle, une Toulonnaise qui me loue les vertus du bain nu. « Des sensations extraordinaires de douceur et de liberté. » L’instant est appréciable dans cette eau à 25 degrés. Certains font des longueurs à travers le lac. D’autres travaillent leur bronzage.

C’est désormais le moment de ne pas déroger à un rituel immuable : l’apéro naturiste. Ambiance joviale garantie. Des enfants jouent d’un côté. « J’ai voulu les initier dès leur plus jeune âge, comme mes parents l’ont fait pour moi. C’est pour leur bien-être », témoigne Pascaline, de Villeneuve-Loubet, maman de Ioannis, 2 ans, et Aymeline, 4 ans. Les adultes trinquent à la santé de cette journée, qui a pour objectif de « banaliser cette activité ». Je gagne en assurance et ma serviette devient superflue. Deux cyclistes passent à proximité du petit stand. Invités à boire un verre, ils ne se font pas prier. Ni une ni deux, Catherine enlève son cuissard et son haut. «C’est important d’être dans les mêmes conditions que tout le monde. On se sent plus à l’aise », confie-t-elle, avant de repartir.
« Mon corps s’est transformé »

Les deux plus jeunes de la bande sont Vicky, une Vençoise de 14 ans, et Mathieu, un Grassois de 21 ans. « Je suis avec mon papa, explique l’ado. J’ai fait du naturisme jusqu’à mes onze ans, mais j’ai arrêté. Mon corps s’est transformé et je me sentirais mal à l’aise… » Elle préfère rester habillée. Au contraire de Mathieu, venu seul, « pour rencontrer des gens qui ont la même passion, car mes amis sont réticents. Ici, j’ai fait très rapidement de nouvelles connaissances. Il n’y a aucun préjugé, l’ambiance est familiale. »

On se retrouve en effet très loin de l’image que renvoit parfois les gros camps naturistes – type cap d’Agde -, où le sexe est très présent. Casser cette image négative fait aussi partie des ambitions de ces amoureux de la nature. Pour stopper les amalgames trop hâtifs. « Pas de sexe chez nous, affirme Roger. Il ne faut pas confondre la plage et sa chambre à coucher… »

Une règle d’or pendant le repas : « Mettre une serviette sur les chaises où l’on s’assoit », révèle Annabelle. L’ambiance est bon enfant entre ces gens aux catégories sociales variées – médecin, chef d’entreprise, ouvrier. Il est déjà 15 h. Je dois quitter mes nouveaux amis. « Revenez quand vous voulez. On ne vous oubliera pas, car vous êtes les premiers journalistes à avoir tombé le maillot pour faire un reportage sur nous… »

Source

https://www.naturisme-france.com/forums/le-naturisme/1ere-journee-sans-maillot-de-bain-dimanche-17-juillet-2011

8 réflexions sur « Ma journée d’initiation au naturisme au lac de St-Cassien »

  1. Les journalistes écrivent tout et son contraire….. 10 jours après voici ce qu’on peut lire dans Var Matin (ce n’est sûrement pas le même journaliste mais le même quotidien) :

    http://www.varmatin.com/article/plages-ce-que-vous-avez-le-droit-de-faire

    Je peux me baigner nu ?
    Faux
    C’est assimilé à de l’exhibitionnisme. Sauf sur les espaces réservés aux naturistes, par arrêté municipal. On en trouve la liste sur le site de la fédération française de naturisme. Les sites les plus connus : l’île du Levant dans le Var, un bout de la célèbre plage de Pampelonne à Ramatuelle, la plage de la Batterie à Golfe-Juan, la plage des pierres plates à Cannes. Il existe aussi de nombreux endroits discrets dans les rochers, les calanques, où personne ne vient embêter les naturistes. En revanche, les seins nus ne sont pas interdits (sauf à Paris-Plage). Mais le topless, apparu en 1964 à Saint-Tropez, n’a plus la cote. La peur du cancer de la peau est sans doute passée par là. Et aussi un brin de régression peut-être concernant la place des femmes. Et aussi, les temps changent, à chacun sa mode.

    —–

    Je me satisfais de voir que les Calanques serait « l’ exception » ….. 😛

    Amicalement,
    Bruno [addsig]

  2. Trés bon article! en effet ça donne envi d’essayer! Ce que j’ai lu est ce que j’attend réellement du naturisme.Pas de préjugés, pas d’ambiguïté, du respect, de la tolérance, une supère ambiance! Le seul truc c’est qu’il manque de 20/30 ans, Tanpis il ne doivent pas savoir ce qu’il ratent! cceci dit ça n’empêche pas d’apprécier les personnes et la bonne humeur!!!! En tout j’ai bien envi d’essayer! Mais où? jjsuis de Tours, je ne sais pas si ça se fait ds la région. Si quelqu’un à des tuyaux! merci pr vos infos!

    Salut a tous!!!!! [addsig]

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