29 octobre 2020

A Aurillac, les parapluies nus du photographe Spencer Tunick

Il est 5h30 du matin quand, dans l’avenue de la République déserte d’Aurillac, descend vers le centre-ville un bus affichant une étrange destination en lettres lumineuses : « Spencer Tunick ».
L’Américain, qui photographie des foules nues depuis la façade de l’opéra de Sydney jusqu’au campus de Mexico, est à Aurillac.

Une façon pour la ville et les organisateurs de l’association Eclat de fêter (avec éclat) les 25 ans du festival de théâtre de rue qui se déroule donc pendant quatre jours chaque année en août, dans la ville enclavée du Massif central. Bien qu’Aurillac soit encore plus difficile d’accès cette année car privée de trains (travaux sur les voies ferrées), les campings qui entourent la ville n’ont jamais été aussi pleins.

Pour ses 25 ans, l’innovation plutôt que la commémoration

Bref, pour ses 25 ans, le festival aurait pu jouer la carte reposante et reluisante de la commémoration. Un excellent numéro spécial de la Montagne s’en est chargé.

On parcourt, non sans émotions, toutes ces années marquées par d’innombrables souvenirs, de Royal de Luxe au Théâtre de l’Unité en passant par Générik vapeur, Kumulus, KomplexKapharnaum, sans oublier les centaines de « compagnies de passage » qui sont nées ou ont grandi dans le « off » et sont passées dans le « in ». Une porosité que l’on ne retrouve pas ailleurs.

Aurillac reste une fête sans être devenu une institution, un passage obligé sans avoir cédé au jeûne des complaisances. La personnalité de son directeur, l’imprévisible Jean-Marie Songy, n’y est pas pour rien. On pouvait compter sur lui et sur son équipe pour préférer l’innovation à la répétition. D’où un focus sur la performance (dont nous reparlerons) et la venue de Spencer Tunick.
La colline des gens nus et le miracle des parapluies

Le temps de ces paragraphes, le bus est rentré au dépôt. Il venait d’emmener sur le lieu de la photo (tenu secret) tous les volontaires (environ 2 000) pour poser nus, ensemble, devant l’objectif du photographe au visage de poupon.

Spencer Tunick devant les journalistes à Aurillac (Jean-Pierre Thibaudat)Il est 6h30 quand les deux minibus de journalistes -tolérés par l’artiste soucieux de son image qu’est Spencer Tunick- arrivent sur le flanc d’une colline qui surplombe la ville, du côté du Puy Courny.

On devine au loin le photographe tour de noir vêtu sur une plate-forme, entouré d’une nuée de personnes en gilets jaunes : ses collaborateurs (une équipe de sept personnes débarquée de New York) et des membres de l’équipe du festival.

Les volontaires -hommes et femmes- se déshabillent et rangent leurs affaires dans un petit sac en plastique blanc. Le jour s’est levé, la lumière commence à être belle, étale, sans ombres néfastes.

Spencer Tunick était venu en juin faire des repérages et tout l’été un photographe d’Aurillac a fait des relevés de lumières qui allaient décider du choix des lieux et des heures de prises de vue.

 

La foule nue, armée de parapluies, pose pour Spencer Tunick à Aurillac (Jean-Pierre Thibaudat/Rue89)

La foule nue se déploie sur le flanc de la colline verte. Image du paradis terrestre ? « Meuh, n’exagérons rien », semblent suggérer les vaches d’un champ en contrebas qui se sont approchées pour l’occasion. Elles ne tardent pas, sans se départir de leur placidité légendaire chère à Kafka, à meugler quelque peu.

« Les maillots et les tatouages devant ! », hurle une voix dans un mégaphone, traduisant en français les propos du photographe. « You comme ici », poursuit ce dernier dans un réjouissant anglo-français.

Et puis vient le moment magique : chaque homme, chaque femme, ouvre un parapluie noir fourni par l’entreprise Piganiol, l’une des fiertés d’Aurillac.

Le lieu permanent de travail du festival qui accueille en résidence chaque année plusieurs compagnies de théâtre de rue porte ce nom de parapluie, objet familier aux habitants de la ville et aux festivaliers, car il pleut souvent en août durant le festival. Miracle, pas cette année.

De Magritte à Piganiol

Les parapluies noirs se déploient au dessus des corps nus. C’est comme un champ de champignons mi-humains mi-célestes qui apparaît. « Monsieur Spencer ne veut pas voir vos têtes, baissez vos parapluies ! ».

On craignait l’effet de troupeau, le relent de camp de concentration, voire un chouïa de voyeurisme. Rien de tel. C’est subtil et innocent à la fois, doux comme le paysage. Les photos se succèdent dans différentes compositions, on en verra le résultat prochainement. A coup sûr magnifique. (Voir la vidéo)

Spencer Tunick dit avoir songé au parapluie pour rendre hommage à Magritte. Chaque participant, homme ou femme de tous âges, repart avec son parapluie. Certains se plaignent d’avoir dû marcher parmi les chardons et les orties ; la plupart semblent ravis d’avoir participé à l’événement. Parmi les hommes nus, un certain Jean-Marie Songy, le directeur du festival.

Quand les minibus déposent les journalistes en ville, il est presque 9 heures du matin. Juste le temps d’aller se poser devant le séquoïa du jardin des Carmes, lieu habituel où l’indispensable Tartar(e) refait chaque année le monde en le parcourant. Un homme élevé au rang de conte et devenu, au fil des années, la mascotte du festival.

 

Source : http://www.rue89.com/balagan/2010/08/21/a-aurillac-les-parapluies-nus-du-photographe-spencer-tunick-163236

Voir le forum https://www.naturisme-france.com/forums/evenements-photographiques-happenings-spencer-tunick-bodypaintings/installation-spencer-tunick-le-20-aout-a-aurillac

 

8 réflexions sur « A Aurillac, les parapluies nus du photographe Spencer Tunick »

  1. bonjour, j’y étais.beaucoup d’émotions créé par ce mélange de personnes de tous horizons dont la raison de la présence est propre à chacune. bon il y aura toujours des critiques mais organiser cette manifestation dans cette région il fallait oser.le site de la première photo est à l’extérieur du centre ville et les photos réalisées en ville l’on été avec trés peu d’hommes d’aprés ce que j’ai pu en voir lors de la projection du samedi soir; hommes et femmes ne sont pas à égalité face à la perception de la nudité.maintenant cela fait avancer le débat, une photo à la une du journal la montagne édition cantal, un article en page deux avec une photo page intégral page trois , et un commentaire bienveillant du piéton qui s’est infiltré dans la bande à tunick!
    j’éspère par ma participation à cet évenement avoir apporté ma modeste contribution au décoincement de notre socièté, quand à ma contribution à l’art je ne suis pas comptétant pour porter un jugement, je suis juste un des composants de cet oeuvre
    amitiées naturistes

  2. Rappelez-vous que nous nous rassemblons ici pour participer
    à l’oeuvre de Spencer Tunick, et non pas pour une manifestation ou une fête !

    Cet avertissement envoyé à tous les inscrits n’incite pas à refaire le déplacement.
    Bien sur, il s’agit de la réalisation d’une oeuvre d’art et la discipline est nécessaire.
    Mais en interdire le caractère festif me paraît franchement démotivant.

    🙁 Bref, monsieur Spencer Tunick, dans ces conditions, ce sera dorenavant sans moi…
    Je veux bien vous servir de main d’oeuvre gratuite et financer moi même tous les frais
    occasionnés ; mais au moins, cher ami, laissez moi exprimer ma joie de vivre. [addsig]

  3. Bonjour
    J’y étais aussi, ce vendredi 20 aout, avec quelques amis. Oui, en effet, comme dit jfrre, il y avait dans la convocation, et ce fut même rappellé sur place, une consigne rappelant que nous nous n’étions pas là pour nous amuser. Une sorte de calme euphorie était pourtant bien présente, dans une ambiance bon enfant et fort agréable. Spencer a donné ses consignes de manière très aimable (encore heureux, direz vous), n’arrêtant pas de nous remercier d’être là. Au moment de la première photo mixte avec les parapluies, lorsque la consigne a été donnée de se retourner face à la ville, me trouvant alors un peu au fond, j’étais à la fois dans l’oeuvre d’art tout en la voyant : herbe verte, parapuies noirs et corps nus, esthétiquement, ça fonctionne. Bref, pour moi, à refaire si l’occasion se présente. [addsig]

  4. Citation : jfreeman 

    Rappelez-vous que nous nous rassemblons ici pour participer
    à l’oeuvre de Spencer Tunick, et non pas pour une manifestation ou une fête !

    🙁 Bref, monsieur Spencer Tunick, dans ces conditions, ce sera dorenavant sans moi…

    Comme je l’ai déjà mentionné ailleurs, certains festivialiers font l’apéro toute la nuit jusqu’à l’aube. On peut donc immaginer aisément le désordre potentiel qui menace l’installation.
    Je peux affirmer que l’ambiance était conviviale, le spectacle à la fois surréaliste et très esthétique et que personne n’était là pour tirer la gueule. Même Spencer Tunick était aimable et a pris du temps pour expliquer par exemple pourquoi il fallait être très attentif aux instructions et pourquoi il ne fallait pas sourrire ou regarder l’objectif.
    Ce serait dommage de se priver de cette expérience et de ce plaisir pour cause de consignes un peu carrées. 😉

  5. bonsoir,je ne me lancerais pas dans de longs discours , presque tout a été dit.Toutefois je souhaite vous donner mon impression.
    Tout d’abord personnes n’est reparti avec son parapluie,sauf jusqu’à la tente d’entrée du site où il a fallu les rendre ( quelques petits filous,en nombre réduit a pu feinter))…puis ce n’est pas 2000 personnes qui étaient présentes mais 675,ce qui n’est dèjà pas mal,d’autant plus l’heure très matinale du rendez-vous.
    J’ai trouvé ce rendez-vous assez bon enfant,avec plus ou moins d’éclats de rire ou de voix jusqu’au moment où on s’est deshabillé (je pense que le fait d’être tous nus a modifié tout d’un coup certains élans fêtards et peut-être même la façon de se comporter)).
    Quant aux propos de Spencer Tunick qui pourraient être mal interprété ,je pense que presque 700 personnes à diriger dans un but bien précis,avec ,comme le dit le commentaire précédent ,un certains nombre de personnes qui n’ont pas dormi de la nuit mais qui l’ont en plus qq peu arrosé ,il veut mieux être un peu directif.( et puis il y a la presse,il ne peut y avoir de débordement!!!)
    Par contre j’ai trouvé” l’évènement rapide” une fois en place,et très vite écourté après les prises de vues.J’aurais trouvé plaisant et sympa,en retour de notre participation , de nous offrir un café au moins.avant que chacun ne se sépare.
    Par ailleurs j’ai apprécié cet évènement “bon enfant et convivial éphémère”plaisant et l ,et si c’est à refaire,je reviens,c’est une expérience à vivre.
    J’en profite pour confirmer que “le festival des arts de la rue d’Aurillac”mérite d’être connu.C’est très bien organisé,très varié,et de très grande qualité.Il y règne une très bonne ambiance et je n’y ai pas vu d’agressivité et en plus il fait très beau les 4 jours.
    Francis
    [addsig]

  6. Petite précision. Personne n’est reparti avec son parapluie comme c’est dit dans l’article. Un service de ramassage/récupération, très efficace à récupéré les parapluies distribués.
    Beaucoup auraient aimé, je pense…
    Toutefois on attend toujours la photo dédicacée promise pour octobre.

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