23 octobre 2020

Le bonheur d’être nu – année 1912

Avant de devenir le titre de l’ouvrage – relativement – récent de France Guillain, « Le bonheur d’être nu » a été celui d’un article de 1912 publié par Le Mercure de France, très sérieuse revue littéraire dont l’ancêtre remonte au XVIIe siècle. Je suis tombé par hasard sur cet article qui est à la fois un document historique et un témoignage toujours actuel sur la pratique de la nudité. En voici un large aperçu.

 


L’auteur, une certaine Marguerite Le Fur – sans doute un pseudonyme – commence par un aperçu historique sur l’histoire du nu en Occident, prenant comme toujours modèle sur l’Antiquité grecque.

Dans la Grèce antique, sous le beau ciel méditerranéen, on se contentait de légers vêtements et même la vue du nu n’offusquait personne. L’abondance et la perfection des oeuvres plastiques léguées par l’antiquité, et où nous trouvons la glorification constante des formes du corps humain, nous portent à croire que les motifs d’inspiration étaient accessibles à tous les yeux. A Sparte, jeunes hommes et jeunes filles, complètement dévêtus, se livraient en commun aux jeux en plein air, aux exercices du gymnase, sans que les bonnes moeurs eussent à en souffrir : naturalia non sunt turpia . Nous avons oublié que gymnos signifie nu et, si nous parlons encore de la Grèce avec admiration, nous avons perdu du moins le sens de la beauté vivante, auquel nous devons tous ces chefs-d’oeuvre, marbre rigide et froid, merveilleux reflet de la réalité, mais reflet seulement.
 


L’auteur développe ensuite son panorama historique qu’on nuancerait aujourd’hui concernant le moyen-âge où la pratique des bains nue et collective était fréquente. Elle montre, pour poursuivre certaines discussions du forum, l’ambivalence de la religion catholique sur le sujet.

De nos jours, l’éducation a fait que les termes de nudité et immoralité sont devenus presque identiques. La faute en est au moyen-âge qui vit se développer et s’enraciner le préjugé d’après lequel le nu serait laid, choquant, subversif. A l’époque de saint Augustin, il est vrai, un tel état d’esprit ne semble pas encore prédominer, car on pouvait lire dans la loi canonique: « Le corps humain est assurément la plus belle création de Dieu. » Cependant les préceptes de l’école des talmudistes d’Alexandrie ne tardèrent pas à faire prévaloir des opinions contraires. On eut honte de son propre corps qui pourtant, croyait-on, était fait à l’image de Dieu lui-même. L’Eglise vit désormais dans toute nudité, même partielle, un objet de tentation, une cause de perdition. Le mépris de l’hygiène la plus élémentaire, l’abandon des thermes antiques furent la conséquence directe de ces conceptions. Soigner son corps, le tenir propre, n’était-ce pas s’exposer infailliblement aux pensées obscènes ?
La Renaissance ne partagea pas ces appréhensions. En découvrant l’esprit véritable de l’antiquité classique, on voulut le faire revivre et, dans nombre de villes de France, s’ouvrirent des piscines publiques où, pendant plusieurs générations, hommes et femmes se baignaient en commun, sans costume et sans honte. Cependant, cette réaction ne dura pas. Ces idées saines et naturelles ne devaient pas tarder à être de nouveau étouffées par le grand siècle. L’horreur du nu ramena l’abandon et la négligence des pratiques de l’hygiène. A la veille de la Révolution française, les femmes du grand monde qui, à Paris, avaient une baignoire dans leur cabinet de toilette, étaient une infime minorité. Se baigner et soigner son corps, c’était sans doute pour en faire un mauvais usage ; comme si l’accumulation constante des vêtements, une certaine odeur avec une certaine malpropreté étaient le signe le moins contestable de la vertu d’une femme.

Comme aujourd’hui, les pays nordiques sont considérés comme des modèles sur la banalisation de la nudité.

A ce règne presque ininterrompu de la malpropreté corporelle et du préjugé contre le nu a succédé, de nos jours, une réaction ; le soin de la toilette, qui a provoqué; chez certains adeptes, une véritable passion de l’eau, tend, en général, à atténuer de plus en plus le vieux sentiment de pudeur physique. La Suède nous en fournit une preuve significative. Dans la presqu’île de Kullen, à l’entrée du Kategatt, on peut voir, par les claires journées d’été, des groupes joyeux de jeunes gens et de jeunes filles s’ébattre dans. les eaux doucement agitées des criques rocheuses. Aucun vêtement ne cache l’éclatante blancheur des corps, ne trouble la pureté de leurs lignes et cette nudité générale dans ce cadre merveilleux n’a rien de répréhensible pour un esprit que la grivoiserie ne vient pas fausser constamment, car l’impudeur même comporte une pudeur véritable, qui réside dans le calme des regards, la chasteté des mouvements et des attitudes.



L’essentiel de l’article concerne néanmoins le développement du naturisme en Allemagne.

L’évolution actuelle en faveur du nu se traduit en Allemagne par des manifestations et certaines tentatives qui frappent autant par leur hardiesse que par la sorte de publicité dont elles s’accompagnent. […]
Déjà une petite avant-garde, éprise de sports, lutte vaillamment à Berlin pour le droit d’être nu. Cette phalange grossit journellement, essaime en province et n’est pas composée, comme certains pourraient le croire, d’utopistes ou d’individus à l’imagination dépravée. Les amis de la lumière, ainsi qu’ils s’intitulent, ont formé plusieurs groupements de gens réfléchis et libres venus de toutes les classes sociales. Le plus intéressant est certainement le Freya-Bund. Il recrute ses membres avec précaution, après enquête minutieuse sur leurs antécédents moraux et les vrais motifs qui leur ont fait solliciter leur admission. Le Freya possède dans la banlieue de Berlin un parc entouré de clôtures hermétiques, sorte de terrain de sports avec des allées ombragées et de l’eau courante; les sociétaires des deux sexes – et le « beau sexe » y est avantageusement représenté – y vont en commun, plusieurs fois par semaine quand la température est assez clémente, se livrer aux jeux de plein air dans le plus simple appareil.

L’article devient ainsi le résultat d’une enquête sur le développement du naturisme et l’auteur interroge un certain Dr Küster, président du Freya-Bund.

Nous vivons, me dit le Dr Küster, en des temps difficiles ; de tous côtés on entend réclamer plus d’air, plus de lumière, et, aussi, plus de vérité et de liberté, tandis qu’un parti, toujours aussi vivace, nous conteste le droit à cette même lumière à cette même liberté. Pour ce qui regarde, en particulier, le droit d’être nu, c’est dans les milieux les plus cultivés, semble-t-il, là où les arguments de pure raison devraient convaincre, que l’on se libère le moins facilement de cette idée erronée qu’un corps sans vêtements est chose choquante. Le nu, en effet, constitue, prétend-on, une provocation irrésistible, inévitable; aux pensées malsaines. Jusqu’en ces dernières années, il était en quelque sorte convenu chez nous qu’il y avait atteinte à la morale à se montrer à des personnes de sexe différent, vêtu seulement d’un costume de plage. Les bains mixtes, dont Berlin a pris l’initiative, ont mis fin à cette fausse conception ; nous sommes persuadés que le jour n’est pas loin où chacun conviendra que le nu en plein air, loin de corrompre l’esprit, tend à l’élever et à le moraliser. Certes, la foule n’est pas encore suffisamment préparée pour approuver cette manière de voir et elle semble encore moins disposée à faciliter la réalisation de nos idées. Nous avons été et nous ne cessons d’être l’objet des railleries, de la malveillance d’une certaine presse qu’on appelle presse noire, chez nous, en Allemagne. Nos plus violents adversaires se trouvent dans les rangs de ces austères protecteurs de la morale que l’on voit, dans les musées, chuchoter niaisement ou tenir des propos grivois devant les statues antiques. Ils prétendent que Dieu fit l’homme à son image, et pourtant, ils considèrent celle-ci comme un tel objet de scandale qu’il faudrait, pour leur complaire, affubler d’un caleçon mainte statue de nos jardins publics et de nos galeries artistiques. Nous sommes même à nous demander si leur pieuse sollicitude ne devrait pas s’étendre pareillement aux bêtes qui, dans la rue, offrent le spectacle de leur nudité !
Notre propagande, poursuit mon interlocuteur, n’a pas souffert des attaques dirigées contre elle. Bien plus, nous avons gagné à avoir attiré sur nous l’attention publique, en ces dernières années. Toute une littérature de combat est née de ce conflit avec la réaction. Nous avons publié une forte brochure, illustrée par la photographie : la Lutte des amis de la lumière contre les hommes des ténèbres . On y trouve l’exposé et la justification de nos principes. Cette année même a paru un Appel aux femmes, qui va être suivi d’une revue bi-mensuelle illustrée, Der Lichtfreund. Notre groupement, le Freya-Bund, fondé le 30 octobre 1909, est d’ailleurs la seule société « de nu et de sports de plein air » dont les agissements n’ont pas à craindre le grand jour, une publicité sans restriction.

L’argumentation scientifique développée ensuite garde aujourd’hui sa pertinence, même s’il n’est pas encore question des dangers d’une exposition non contrôlée au soleil !
 


Le Dr Küster m’entretient ensuite des bons effets d’une cure de soleil au point de vue physiologique. Les rayons solaires, me dit-il, augmentent le nombre des globules du sang, attirent celui-ci vers la périphérie, décongestionnent ainsi nos organes et activent les fonctions de la peau. Le soleil agit sur le corps tout entier de la même manière et mieux que les sinapismes, et les bains d’air opèrent des cures remarquables de l’anémie et de la neurasthénie. […]


Le public attribue plusieurs fièvres accompagnées de frissons aux refroidissements, alors que la maladie, conséquence d’une infection bacillaire, est latente, en réalité, depuis des semaines quand se manifeste la fièvre et la sensation de froid. Cette crainte d’un refroidissement nous porte à nous recouvrir de vêtements toujours plus épais et, par suite, à isoler notre épiderme de tout contact avec l’atmosphère ; devenu de la sorte plus délicats, notre pouvoir de réaction contre les affections diverses se trouve diminué. On cherche à éviter la maladie et l’on court à elle. Combien nous aimons l’air, tant que l’habitude des vêtements ne nous a pas encore amollis, les parents peuvent s’en rendre compte tous les jours en observant leurs enfants au berceau ne les voient-ils pas s’efforcer sans. cesse de rejeter les couvertures et sourire d’aise quand ils sont tout nus ? Puisque nous venons au monde sans vêtements, il est à croire que la nature nous a formés de manière à nous permettre de vivre nus, sans quoi elle nous aurait donné des plumes ou une toison.

Notre nudité a évidemment son but, qui est d’accroître notre résistance, nous permettant ainsi de nous accommoder avec plus de facilité des changements de température et de climat. On dit généralement que l’homme s’est couvert pour se protéger contre le froid : cela est inexact. Notre épiderme possède un merveilleux appareil régulateur, grâce auquel nous pouvons braver tous les changements atmosphériques, tant qu’ils ne sont pas absolument exceptionnels. La circulation n’est jamais aussi active que par les grands froids quand nous nous donnons de l’exercice. C’est en le frottant avec de la neige qu’on ramène à la vie un homme sur le point d’être gelé et le meilleur moyen d’avoir les pieds chauds est de courir pieds nus dans la rosée matinale, ou même dans la neige.

Le développement sur la pudeur, fruit d’une construction culturelle et non acquis naturel, conserve aujourd’hui son actualité.

Les jeunes enfants qui vont nus le font en toute innocence, nous ne saurions en douter. Cependant, on vient de leur conter que ce n’est pas convenable, qu’ils doivent être décents, se couvrir. Tout d’abord ils ignorent pourquoi. Puis, d’une manière insensible, par des réticences ou des explications aussi peu acceptables que possible, on leur fait acquérir une conscience vague du mystère sexuel. En tous cas, on leur apprend à considérer les différences et les rapports entre les deux sexes comme des choses immorales, tandis que leur esprit, non encore prévenu, serait plutôt porté à y voir des faits purement naturels.

Le résultat de cette déplorable éducation sexuelle, c’est que toute la jeunesse confond nudité et pornographie. Si, dans sa classe, un maître a la maladresse ou l’audace de prononcer par hasard le mot « nu », il lira aussitôt sur tous lés visages la même surprise que s’il avait tenu quelque propos ordurier, puis, des ricanements significatifs lui apprendront de quelle manière il fait vagabonder les imaginations.

Même chose sur le préjugé toujours à combattre sur la confusion nudité-sexualité.

Les explications que je viens de vous donner, poursuivit le représentant de la Freya, suffiraient sans doute à mettre en lumière la pureté de nos intentions et l’utilité du but que nous nous proposons. […] Combien de fois n’est-on pas venu me dire : « Comment peut-on se montrer nu comme un ver à des femmes pareillement nues sans se sentir porté d’une manière impérieuse, et sans doute indiscrète, à des entreprises pour le moins déplacées ? Vos réunions ne sont-elles pas la pire des excitations à la débauche ? Vous ne me persuaderez pas qu’il ne se passe rien dans votre parc ! » Je n’ai toujours eu que cette réponse.


Soyez des nôtres, expérimentez et vous serez fixée. Vous vous étonnerez de la rapidité avec laquelle vous prendrez l’habitude de votre propre nudité et de celle d’autrui, vous serez charmée du bon ton et de la cordialité qui règne parmi nous. Vous ne douterez plus alors que l’obscénité n’est nullement dans les objets offerts à vos regards, mais qu’elle y est suggestionnée. Et j’ajoute encore ceci, qui regarde les hommes particulièrement : si vos sens sont surexcités par les provocations du demi-nu que vous ne cessez de rencontrer en soirée, dans les salles de spectacle et même dans la rue, faites une cure de nu; le calme vous reviendra, vous sentirez vos nerfs se détendre comme par enchantement et vous conserverez de vos visites à notre parc de sports un souvenir radieux, fait de joie naïve et d’un profond sentiment de libération physique et morale.

L’article se termine ainsi avec le récit de l’expérience de Marguerite Le Fur au Freya-Bund. L’expérience de cette femme en 1912 rejoindra sans doute celle de beaucoup d’entre nous.

Une demi-heure de chemin de fer, quelques landes et un bois de pins à traverser et je me trouvai à l’auberge de campagne aux environs de laquelle la Société avait aménagé son « bain d’air ». A l’entrée de celui-ci, les cabines étaient rangées en file : la jeune femme qui m’accompagnait m’en ouvrit une, puis pénétra elle-même dans la cabine d’à côté. Quelques minutes plus tard, j’entendais déjà ma compagne s’entretenir au dehors avec les personnes qui nous avaient devancées ce jour-là. Lentement je quittai mes robes, regrettant déjà de m’être risquée. en pareil endroit. Ayant dépouillé mes derniers voiles, je m’approchai de la glace qui garnissait l’une des parois du réduit et me mis à me contempler.

Certes, mon corps possédait des lignes harmonieuses, était souple et élancé; combien, pensais-je, allait-il être gênant pour moi de le livrer bientôt à tous ces regards étrangers ? imaginations fausses que des siècles de moeurs conventionnelles avaient déposées en moi Où oserais-je moi-même porter les yeux, tout à l’heure ? Un dicton populaire, jadis entendu chez nous, me revint en mémoire : « Il n’y a pas de honte à être nue quand on est belle. » D’ailleurs, en rejetant mes vêtements, n’avais-je pas abandonné déjà mes idées sur la décence ? On frappa à la porte de ma cabine : je sortis timidement et me trouvai en présence de quelques-unes des dames et des jeunes filles qui m’avaient été présentées à Berlin, au club de la Société.

Elles s’empressèrent autour de moi et nous nous dirigeâmes ensemble vers un emplacement où des messieurs que je connaissais tous se livraient à des exercices de gymnastique. J’imaginais que, ne pouvant me « déshabiller » davantage, on me détaillerait du moins avec curiosité. Il n’en fut rien. Le regard de ces hommes était chaste, libéré de cette sensualité trouble dont je m’attendais, malgré tout, à subir la suggestion. Il apparaissait clairement que chacun d’eux aurait eu conscience de commettre une trahison à mon égard et vis-à-vis des autres, s’il ne m’avait témoigné ce respect accordé aux femmes en société, dans les circonstances ordinaires.


Inaccessible désormais à toute pensée malsaine, je m’éloignai un instant du groupe de mes amis pour aller examiner le parc. Je me mis à flâner sur des pelouses ensoleillées et dans des sentiers pleins d’ombre, éprouvant un plaisir intense et naïf à me sentir plus près de la fleur, de l’arbre, du ruisseau. Joyeuse et libre comme la lumière dont j’étais baignée et toute pénétrée; je me découvrais des trésors insoupçonnés de sympathie, de bonté et, parce que nue, j’avais plus vivement l’impression de participer à l’unité et à l’harmonie des choses. Plus de barrières, plus de conventions ! Honte, pudeur, ces mots me faisaient maintenant sourire, tandis que j’admirais la grâce de sveltes jeunes filles qui, au loin, sur un « court » de gazon, maniaient savamment la raquette.

Je fus tirée de. ma contemplation par la venue d’une bande joyeuse qui m’appelait pour une partie de croquet. Complètement apprivoisée, je fis comme tout le monde, jouant et bavardant avec entrain. A aucun moment la conversation ne prit un tour scabreux. Les sexes s’ignoraient. Enfin, le soir arriva et, le soleil s’étant dérobé derrière les massifs, une soudaine fraîcheur vint nous rappeler notre nudité. Chacun rejoignit sa cabine. Quand je repris mes vêtements, ce fut avec un véritable regret. Le plaisir d’être nue avait été trop grand pour que le contact des étoffes et du linge ne me produisit tout d’abord une impression franchement désagréable.


[…] Je me sens libérée, maintenant et pour toujours, de ces pensées grivoises, de ces imaginations fausses que des siècles de moeurs conventionnelles avaient déposées en moi. Par une sorte de rééducation qui fut singulièrement rapide, j’ai enfin reconnu que la vérité est chaste par essence, que l’admiration de la beauté peut être dépourvue d’érotisme et je crois avoir ainsi reconquis un peu de l’antique et heureuse naïveté des femmes de l’Hellade.

On peut ainsi lire ce texte comme un document historique, mais aussi comme un témoignage d’une première expérience bien proche de celles rapportées dans le forum : plaisir de la nudité dans un contact vrai du corps avec l’air, le soleil, la nature, vraies relations entre individus qui ne sont plus soumises aux préjugés physiques ou sociaux ; l’homme est toujours pareil à lui-même. On peut aussi s’attrister de voir que, depuis 1912, assez peu de choses ont changé : les pays nordiques et germaniques sont toujours en avance sur nous concernant la banalisation de la nudité, et, si la possibilité de vivre le naturisme en France dans des lieux rigoureusement balisés est acquise depuis longtemps, la généralisation du nu semble toujours une utopie : les « imaginations fausses que des siècles de moeurs conventionnelles [ont] déposées en [nous] » ne sont pas encore vaincues !

Traor

 

11 réflexions sur « Le bonheur d’être nu – année 1912 »

  1. :=! Interessant cet article sur le naturisme par Marguerite Le Fur.
    J’ai fais quelques recherches sur internet sur cette Marguerite Le Fur et le THE NEW YORK TIMES a parlé d’elle dans son édition du 15 décembre 1912 en faisant référence à son article paru dans le Mercure de France.

    http://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=9F0DE6DF163FE633A25756C1A9649D946396D6CF

    http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?_r=1&res=9F0DE6DF163FE633A25756C1A9649D946396D6CF

    Il est possible que ce ne soit pas un pseudo. :b mais bien et bel une militante du naturisme. D’ailleurs l’article américain fait référence au mouvemetn naturisme allemand et au docteur Küster. Il parle aussi du Freyabund Sociéty of Men and Women (où il est précisé que cette association possède un parc « fermé et sécurisé » près de Berlin). 😉

    Voilà de quoi ouvrir un topic dans ce site un forum de discussion pour parler de l’histoire du mouvement naturiste. 😀
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  2. Article fascinant, qui date de presque un siècle mais dont certaines phrases pourraient avoir été écrites aujourd’hui…
    Il pourrait être intéressant que le site VivreNu mette à la disposition de ses membres une copie de tels documents historiques, par exemple dans une section du « download ».

  3. Pourquoi serait-ce un pseudonyme ? Le Fur est un nom relativement courant, j’en veux pour preuve que c’est celui du vice-président de la région PACA de la FFN ! (Jacky Le Fur, que certains ont rencontrés à la Tuquette le mois dernier)

  4. J’ajoute que l’article a été publié dans le n° 372, vol. 16 (novembre 1912) du Mercure de France, et réédité par Marcel Kienné de Mongeot dans le n° 20 (15 octobre 1927) de son Vivre Intégralement (cité par Sylvain Villaret)

  5. Merci à Dolcino pour ces ajouts très intéressants. « Marguerite Le Fur » n’est peut-être pas un pseudonyme, en effet, mais il est curieux que l’article du New York Times la présente comme un « écrivain français bien connu », alors que je n’ai trouvé aucune autre référence à son nom en dehors de cet article. De plus, je m’étonne de la parution de cet article dans une revue essentiellement littéraire : pourquoi la rédaction aurait-elle accepté la publication d’un article d’une complète inconnue sur un sujet quelque peu incongru pour cette revue ? L’enquête serait à poursuivre. Néanmoins, cela n’enlève rien à la qualité et à l’intérêt de cet article vieux de presque un siècle !

  6. Il y a une petite erreur en début d’article . Mme Le Fur ignorait sans doute que, dans la Grèce Antique, les jeux au gymnase étaient interdits aux femmes . Les fameux Jeux Olympiques se déroulaient nus ( pour les athlètes ) . L’accès au stadium était rigoureusement impossible pour la gent féminine . Cette civilisation était aussi machiste, sinon plus, que toutes les autres à cette époque . [addsig]

  7. Chris4051 a raison en ce qui concerne la Grèce en général et Athènes en particulier.
    Par contre, Marguerite Le Fur a raison en ce qui concerne Sparte, qui faisait exception sur ce point.
    Où Mme Le Fur a sans doute tort est de donner l’impression de vouloir élargir à toute la Grèce antique ce qui ne concernait que Sparte.

  8. « …;nous sommes persuadés que le jour n’est pas loin où chacun conviendra que le nu en plein air, loin de corrompre l’esprit, tend à l’élever et à le moraliser. »

    Et si avant 2012, avec le succès que nous souhaitons à l’APNEL dans sa démarche, nous pouvions en convenir avec chacun, tout simplement…

    😉

    [addsig]

  9. Effectivement, Sparte était différente des autres cités grecques . Je viens d’y replonger et avoue avoir un peu mélangé mes souvenirs universitaires .
    Mais, si la nudité était bien mixte pendant les entrainements physiques des jeunes, elle ne l’était pas le reste du temps .
    Et puis, Sparte était une civilisation … spartiate . L’éducation des jeunes était menée de façon féroce, à coups de triques . Le destin des garçons était surtout de devenir des soldats efficaces et celui des filles de devenir des mères robustes et prolifiques …
    On est très loin de nos valeurs actuelles du Naturisme ; [addsig]

  10. Citation : Dolcino 
    Sur l’histoire du naturisme vous pouvez compléter vos connaissances en consultant le site de wikipédia (même si ce site n’est pas le top et que des erreurs peuvent se glisser) http://fr.wikipedia.org/wiki/Naturisme :b [addsig] 

    🙁 « Un phénomène nouveau apparaît : certains se promenant nus hors des lieux autorisés : des interpellations suivies de condamnations pénales apparaissent ; la randonue n’est pas reconnue, ni soutenue par la FFN ».

    :# Effectivement, cette petite phrase péremptoire fait un peu mal au ventre :
    C’est faire croire que la FFN est entièrement inféodée à la commercialisation de la nudité et a perdu complètement son âme militante. Ce n’est absolument pas le message qu’elle fait passé depuis un an et c’est tout en son honneur !

    Le manque d’ouverture d’esprit de certains naturistes restent tout de même extrêmement préoccupant ! [addsig]

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