20 octobre 2020

Manifestation de modèles nus devant la mairie de paris

"naturismeJean-Charles, 47 ans, est modèle à temps plein, et a déclaré environ 10 000 euros de revenus l’an dernier (c’était avant la suppression des pourboires, qui s’ajoutaient). Il est devenu modèle après avoir été intermittent du spectacle, et parle avec coeur de son métier

 

"Quand on me demande ce que je fais dans la vie, il y a toujours un temps d’arrêt. Pour moi, c’est devenu aussi naturel que lorsque vous vous mettez nu dans votre salle de bain. Pour tenir la pose, je dois rentrer en moi-même. Poser, c’est méditer, cela me donne l’inspiration pour des poèmes.

Mais pour 35 euros la séance, je me demande parfois si ça vaut le coup de me fatiguer, de rentrer chez soi à 23 heures avec la rage au coeur. Du coup, j’ai réduit mes collaborations avec la mairie de Paris, je trouve que ça ne vaut le coup de travailler que pour 45-50 euros la soirée."

Précarité et manque de reconnaissance

D’autres municipalités rémunèrent autour de 15 euros bruts de l’heure, certaines montent même jusqu’à 20 euros.
Le statut de vacataire prive de tous les droits sociaux: ni visite médicale, ni assurance chômage, ni sécurité de l’emploi, et les modèles ne sont pas payés quand un cours est annulé. "Au total, on travaille sept mois sur douze", témoignent-ils.

Certes, la mairie de Paris a revalorisé l’an dernier leurs taux horaires en rémunérant le temps d’habillage et de déshabillage, soit une heure de plus pour trois heures de pose, ce qui fait 40 euros brut les trois heures. Mais refuse de reconnaître ce métier. Les syndicalistes FO et CGT venus soutenir les grévistes ont espoir de voir les négociations aboutir, comme l’explique Catherine Meyer, déléguée CGT Ville de Paris:

"En 2007, les conférencières de musée ont été déprécarisées, désormais il y a une cinquantaine de contractuels dans ce métier. Il n’y a pas de raison de ne pas obtenir la même chose."

Surtout, ce qui déprime les modèles, c’est le manque de reconnaissance. "Sur notre feuille de paie, il est marqué « divers et spéciaux » comme catégorie de personnel alors qu’à la ligne « taux horaire », il est bien noté « modèle physique », s’insurge Magali, étudiante et modèle depuis sept ans.

Marianne, 50 ans, rappelle qu’il y eut des modèles célèbres, tels Dina Vierny, muse de Maillol, Lee Miller, qui inspira Man Ray et Picasso, ou encore Kiki de Montparnasse. Une chose est sûre, grâce à cette action, les nus seront un peu moins anonymes.

 

 

 

 

 

 

Voir la vidéo

https://www.naturisme-france.com/forums/la-nudite-rapport-au-corps/les-modeles-nus-manifestent-a-la-mairie-de-paris

 

source

12 réflexions sur « Manifestation de modèles nus devant la mairie de paris »

  1. J’aime bien le slogan « nu oui, à poil non ».
    Il pourrait d’ailleurs être réutilisé pour le naturisme.

    J’ai bien aimé aussi « sommes-nous divers et spéciaux? »

    Et puis Christophe Girard, adjoint (vert) à la culture, est un ancien modèle. En voilà un qui fait une carrière politique de haut niveau sans avoir honte de la nudité.

    Hors sujet: vu un dessin amusant. On voit Barack Obama en arrière-fond, la légende est « Nicolas Sarkozy se met au goût du jour », et notre président déclare « je ne suis peut-être pas noir, mais j’ai déjà bruni ».

    Les profs (par exemple), plutôt que de faire une Nième grève (je ne conteste pas le principe de la grève, j’émets seulement des doutes quant à l’efficacité de ce moyen d’action), pourraient peut-être aussi défiler « avec Darcos, on se retrouve tous à poil ».

    15 modèles nus, et ils font la une de la presse!

  2. :=! Effectivement, Philippe, plutôt que d’organiser des manifestations agressives et sonores,
    il y aurait mieux à faire avec des actions silencieuses et en tenue de peau.

    :# Elles seraient plus dérangeantes pour nos consciences et probablement plus productives.
    C’est d’ailleurs l’attitude que j’avais conseillé à ma fille lorsqu’elle était militante estudiantine.
    [addsig]

  3. — Et toi, quelle est ta profession?
    — Oh.. je suis dans le « divers et spéciaux »… rien d’important.

    Une profession non spécifiquement reconnue, sans garanties sociales, qui fait aussi écho aux intermittents du spectacle (en 2009, la solidarité dans la sécu sociale se réduit à nouveau), qui doivent faire face à une précarisation orchestrée par les gouvernants.
    :=!

  4. 😀 J’ai encore oublié mon nu de travail je vais me faire remonter mes bretelles par mon patron , oh suis je betes je ne portes pas de bretelles
    Leurs vétement de travail sont ils donnés ou prétés par la mairie de Paris ? :#

  5. Payés le Smic, mais privés désormais par la mairie de Paris des modestes pourboires qu’ils percevaient, les modèles des Beaux Arts sont, le lundi 15 décembre, en grève.

    Le modèle, c’est cette personne, sexy, ventrue, élancée, en chair, abîmée, jeune ou âgée, qui pose pour le peintre, le plus souvent dévêtue. Traditionnellement, quand le modèle est apprécié par les élèves et les peintres, quand il n’a pas trop bougé et qu’il a fait preuve d’imagination, on lui remet un pourboire, appelé cornet, à la fin de la séance. Seulement, le 20 novembre dernier, la ville de Paris a adressé une lettre aux directeurs des Ateliers des Beaux Arts et aux enseignants. Finis les cornets dans les Ateliers ; Plus question de tels pourboires dans des lieux publics.

    Cette décision a provoqué l’indignation d’un certain nombre de modèles, qui se mettent en grève ce lundi 15 décembre. En effet, le cornet est plus qu’un symbole, il peut parfois représenter jusqu’au quart du salaire. Le job des modèles des Ateliers des Beaux Arts est en effet assez mal rémunéré : trente six euros pour trois heures de travail, soit un peu plus du Smic.

    Les modèles posent nus dans Paris
    © Anaëlle Verzaux

    « Un vrai métier »

    Pourtant, contrairement à ce qui est inscrit sur nos fiches de paye (« divers et spéciaux »), « c’est un vrai boulot », souligne Kévin, modèle free lance – comme tous ses collègues – depuis plus d’un an. Et de rappeler que l’augmentation de leur salaire figure parmi leurs principales revendications. « Nous demandons à être payés 15 euros de l’heure » (aux Gobelins, école de l’image privée, le tarif, c’est 21 euros de l’heure).

    Car bien qu’il n’existe pas de formation pour être modèle, la plupart ont fait des études et des métiers assez proches de celui-ci. « J’ai fait une école de dessin, puis des Arts martiaux », indique Kévin. Deborah, modèle à plein temps depuis trois ans, a, elle, une formation de comédienne. D’autres, comme Salvatori, sont danseurs professionnels.

    Pour eux, comme pour environ trente modèles des Ateliers des Beaux-Arts de Paris, poser est un vrai métier, à temps complet ou quasi complet. Les autres (environ soixante personnes) sont des étudiants et des retraités, qui se déshabillent pour compléter leur trop maigre budget.

    Au-delà des revendications salariales, ce que les modèles en grève demandent, c’est une vraie reconnaissance de leur travail. Pour eux, ils ne sont pas des statues mobiles au service de l’enseignant, mais des sujets qui contribuent quelquefois à faire l’oeuvre, quand ils parviennent à prolonger le pinceau de l’artiste. « Nous sommes aussi importants que l’enseignant et que le peintre, souligne Salvatori, puisque sans nous, l’un ne peut pas enseigner et l’autre ne peut rien peindre. Et, sans eux, nous ne valons rien. » C’est un trio où chaque personne compte. Sans Gabrielle, qui serait Renoir ? Et sans sa femme, qui fut toute sa vie son modèle, que vaudrait Bonnard ?

    Pas de vacances, ni de retraite

    Beaucoup d’étudiants laissent rapidement tomber, parfois seulement après une semaine de travail, et déposent leur candidature dans un café-restaurant ou à Mac Do. Car il faut être costaud physiquement, pour tenir les trois heures de pose.

    Et d’ailleurs, on s’entraîne. Enfin… quand on a suffisamment d’argent ! Deborah explique : « Depuis trois ans que je fais ce boulot, je vais à la piscine tous les deux-trois jours. Mais depuis la rentrée et la suppression des cornets, je n’ai pas trempé un seul orteil dans la piscine, je n’en ai plus les moyens ».

    Et d’ajouter : « Nous n’avons aucune aide, pas de réduction pour les salles de sport, pas de carte pour entrer gratuitement dans les musées, alors que nous avons besoin de voir des peintures, pour renouveler notre imagination. Pas le droit non plus à des salles d’attente – le temps entre chaque séance atteint souvent l’heure – , ni à un chauffage, pas même à des vestiaires, pour nous changer. »

    « Le pire reste le manque de considération des politiques. Nous sommes des vacataires ! Ce qui signifie : pas de vacances, pas de retraite, pas de Mutuelle, pas de 13è mois, etc. »

    « Un jour, raconte Kévin, vers 8h le matin, le prof de dessin m’appelle pour me dire qu’il annulait non seulement le cours du jour, mais tous les cours de l’année. J’ai râlé, mais je n’ai rien pu faire, je suis vacataire. »

    Pour l’adjoint à la Culture de la Mairie de Paris, Christophe Girard, modèle n’est pas un métier, mais « un loisir fait pour les étudiants, les retraités, et autres personnes qui ont besoin d’un peu d’argent de poche ». Il ajoute : « S’ils souhaitent que leur activité soit considérée comme un métier, je n’ai rien contre. Il faut simplement qu’on se mette autour d’un table avec le ministère de la Culture. Ce n’est pas moi qui modifie la politique française ».

    Et pour lui, pas question de revenir sur l’interdiction du cornet, « qui n’est pas nouvelle. Mais qui a simplement été rappelée ». Pour Christophe Girard, le pourboire, « c’est de l’argent au noir ». Il précise : « Je ne vois pas pourquoi cet argent là spécifiquement ne serait pas taxé ».

    Un peintre dessine les modèles
    © Anaëlle Verzaux

    Si l’adjoint à la Culture renvoie la balle au ministère de la Culture, pour Bertrand Vincent, délégué Force Ouvrière, cette histoire est bien révélatrice de la politique culturelle du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Et il assure que « sur les 3 800 agents aux affaires culturelles à Paris, 1 100 sont vacataires ». Si Delanoë a fait quelques efforts pour revaloriser le statut des bibliothécaires et des guides de musée, globalement, il se désolidarise des acteurs culturels. Et met le paquet sur les manifestations davantage nationales, voire internationales. Faisant une pub monstrueuse pour les nuits blanches, le 104, ou encore le tram’.

    Aujourd’hui, c’est au tour des modèles de se faire leur pub. Certains ont posé nus, à 14h, dans la froide cour de la Direction des Affaires Culturelles, rue des Francs bourgeois, à Paris. « Pas pour choquer, mais pour montrer comment on travaille ».

    source de cette info

  6. ha ha ha! 😛
    j’ai beaucoup fréquenté les ateliers de modèles vivants il y a quelques années, et maintenant je vous le dis: ce qu’ont fait les modèles parisiens devant l’hôtel de ville avec les drapeaux FO, artistiquement, c’est bien plus intéressant que tout ce que j’ai jamais produit comme dessins à l’époque…
    bravo les artistes pour ce happening!

  7. Je vais juste corriger un point dans un des messages ci-dessus: non, le cornet n’est pas un « maigre pourboire », sinon il n’y aurait pas eu ce mouvement.
    Le cornet représente une part importante de la rémunération, et peut largement dépasser le salaire nominal. D’où le mouvement de contestation face à sa suppression.

    Hier soir j’ai discuté avec un de mes amis qui est à la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris (lui, c’est le bureau de la musique), il a regardé tout ça de son bureau, vue plongeante.
    Il m’a dit que l’ambiance était tout à fait bon-enfant.

    Notez quand même l’impact médiatique, ça va jusqu’à CNN!
    S’ils avaient été habillés, même en mettant le feu aux locaux, ça n’aurait pas fait un entrefilet.

    La nudité, quel amplificateur de bruit médiatique!

  8. Ayant dessiné des modèles vivants, je peux témoigner de leur professionalisme. L’aspect artistique est exigeant et chaque modèle fait bénéficier de ses réflexions les artistes et apprentis artistes en réalisant des poses incroyablement variées . Le côté physique est dur, surtout pour les poses de longue durée, bien entendu. Certaines poses sont refaites pendant une journée, voire une semaine, par périodes de 3/4 heures séparées de repos de 1/4 d’heure. On devine la souffrance. Pour les séances de poses courtes (2 ou 5 mn) le talent de certains modèles est étonnant pour minimiser le temps de changement. Tout est prévu au moment de changer. Les modèles inspirent beaucoup de respect.

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