24 octobre 2020

Anarchisme et naturisme, aujourd’hui par Cathy Itak

"(naturismeLe naturisme est une philosophie qui est loin de se réduire au simple fait de se dénuder, et ne doit pas être confondu avec le nudisme. Le nudisme, c’est ce que nous faisons tous les jours sous notre douche ! Que ce soit chez soi ou bien sur une plage déserte (à l’abri des regards), cela n’engage personne et ne remet rien en cause. Le naturisme, par contre, pousse la réflexion plus loin, et la pratique du naturisme et de l’anarchisme ont bien des points communs.

Nous vivons encore sous la coupe d’une morale judéo-chrétienne dont nous avons bien du mal à nous défaire. Ceux qui pensent que nous nous sommes débarrassés de l’Eglise et de ses fanfreluches se trompent.

-  Pourquoi, en ce début de 21e siècle, avons-nous encore besoin de nous couvrir le sexe et les seins (pour les femmes), pour prendre le soleil ?

-  D’où vient cette survivance grotesque si ce n’est d’une morale chrétienne, décrétant que le sexe était le diable (sauf pour procréer !) et que tout ce que nous avions entre les jambes étaient "sale" ?

-  Pourquoi nous plions-nous encore aujourd’hui à ce diktat ?

L’exemple de la plage est le plus frappant. Il suffit de réfléchir trois secondes. On met un maillot ni pour se réchauffer, ni pour se rafraîchir, mais dans le seul but de se cacher le sexe. Soit. Un maillot, c’est moche, et quand il mouillé, c’est long à sécher. On est mal, mais ce n’est pas grave. C’est une question de respect, entend-ton parfois.

-  Respect de quoi ?

Pas du bien-être de l’individu, c’est certain ! De la mode, peut-être, qui a toujours quelques petits maillots de bain d’hypocrisie à nous vendre.

-  Mais comment se fait-il, en cette fin de siècle, que nous en soyons encore là, comme dans une imagerie pudibonde et biblique ?

La pudeur, que l’on voudrait nous faire croire naturelle, est toujours inculquée par l’éducation, la société, la morale dominante.

Il est intéressant de savoir qu’elle change de forme, cette pudeur, selon les époques. Montrer ses seins en public était chose courante au 15e siècle. Mais malheur à celles qui, dans le même temps, osaient dévoiler la moindre parcelle de leurs chevilles ! (Lire, à ce propos, l’excellent livre de Jean-Claude Bologne "Histoire de la pudeur").

Beaucoup de peuples primitifs vivaient nu.

Et si l’on retrouve souvent des protèges-sexes pour les hommes, il n’est plus question, là, de morale ou de pudeur, mais de bon sens. Il est normal, en effet, de protéger les endroits du corps les plus sensibles et les plus fragiles, lorsqu’on vit en milieu hostile ou agressif (et la forêt en est un), tout comme il est normal de se protéger du froid.
Le naturiste, en se libérant d’un imbécile morceau de tissus, se libère donc de siècles de morale débilitantes.

Il retrouve le plaisir de son corps non entravé par des vêtements, le contact de l’eau, le contact de l’air, du vent.

Son corps redevient une entité, un bloc compact où la morale n’intervient plus.

Hautement symbolique, ce maillot que l’on jette aux orties n’est pourtant qu’une toute petite partie du naturisme. Le haut de l’iceberg, le plus visible.

Car se mettre nu, c’est aussi se mettre à nu, et accepter de redessiner nos relations avec les autres

(C’est là la grande différence avec le nudisme, qui n’est qu’une pratique solitaire).

Ceux et celles qui ont déjà pratiqué le naturisme en groupe ont pu le constater. Les relations qui s’établissent entre les personne sont très différentes, basées sur le respect d’autrui, en dehors de toute morale, en dehors de tout regard imposé. Les hommes, par rapport aux femmes, par exemple, perdent beaucoup de leur machisme. C’est dans cette recherche d’une harmonie nouvelle, qui ne dépendrait que de l’être humain -et non des macro-organisations qui voudraient le gouverner et le manipuler comme une marionnette-, que naturisme et anarchisme vont de pair.

On ne peut libérer une société qu’en se libérant soit-même, physiquement et intellectuellement.

Ensuite, il faut tenter d’inventer de nouvelles règles de jeu, tant au niveau de l’organisation de la société qu’au niveau des relations entre les êtres humains.

Les anarchistes individualistes du début du siècle l’avaient bien compris, et intégraient le naturisme dans leurs préoccupations. Il est vraiment dommage que ce discours se soit peu à peu effacé, d’antan plus que nous assistons, en ce moment, à un retour en force du puritanisme (conservateur par essence)

Autre point essentiel du naturisme, la relation de l’être humain avec la nature. Nature oubliée, terre que l’on souille et qui, pourtant, nous permet d’être vivant. Le respect de l’individu et sa liberté passe, pour chaque naturiste, par le respect de la nature qui l’entoure. C’est une autre façon de marcher sur le sol, au propre comme au figuré. Nu dans la nature, on se souvient brusquement que nous ne faisons qu’un avec elle. Qu’elle peut nous blesser comme nous pouvons la blesser. Nous sommes loin du monde mercantile, où tout s’achète et tout se vend. Les anarchistes (qui sont les premiers "écologistes") ne peuvent qu’être d’accord avec cette démarche.

-  Mais comment vivre en naturiste, dans cette société ? (On peut poser une autre question, en parallèle : comment vivre son anarchisme dans une société qui nie l’individu ?)

Pour vivre nu, comme c’est un délit, il n’y a pas grand choix. Les naturistes, en France, sont "tolérés" , s’ils ne sortent pas d’un cadre établi. En gros, on autorise cette "perversion", si elle reste bien cachée. Le problème, et Dominique le soulignait dans l’édito de la page précédente, est la récupération, une fois de plus, de certains marchands peu scrupuleux, qui voient dans le naturisme "touristique" une nouvelle manière de faire du fric.

Mais il existe encore, et heureusement, des espaces de liberté où le naturisme est respecté et vécu dans l’intégralité de son sens. Des campings où les gens ne s’entassent pas ; des espaces de nature sauvage, une compréhension de l’environnement, la recherche d’une certaine harmonie entre humains et nature, que ce soit à la campagne, en montagne ou au bord de mer.

Les naturistes, dans le monde entier, se sont naturellement groupés en fédérations. (Comme quoi, le principe fédératif, cher aux anarchistes…) En France, la F.F.N est une bonne source d’information sur la manière de pratiquer le naturisme. Elle tente de faire évoluer les mentalités sur la question. Elle avait lancé, en 1993, un grand sondage d’opinion sur le sujet, et les résultats étaient, finalement, assez encourageant. Mais la FFN n’est malheureusement pas à l’abri des dérives mercantiles… (voir le coup de gueule de Dominique).

© Cathy Ytak, 2000.

Voir la page du 30 juillet 2007 http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=2075&titre=Anarchisme-et-naturisme-aujourd

et de la page d’origine http://ytak.club.fr/natytak.html

14 réflexions sur « Anarchisme et naturisme, aujourd’hui par Cathy Itak »

  1. *

    Caty Ytak, quelle fraîcheur, ton article 🙂

    Mais c’est si difficile de vivre cet idéal libertaire,
    cet idéal d’amour, de sensibilité et de bonheur
    – ou même sa propre mort est vécue
    comme un phénomène bien naturel
    (je laisse ma place à une autre vie).
    – ou tout notre carcan matérialiste est démythifié.
    http://michbuze.club.fr/lavache/roland_magdane_le_merdier.htm

    Combien sont tombés pour cette cause émancipatrice.
    Combien se sont heurtés aux tentatives d’intimidation,
    – à l’aveugle répression qui met à l’amende ou jette en prison
    https://www.vivrenu.com/article.php?sid=595
    les plus respectueux et les plus talentueux d’entre nous
    – à la sottise de ces usurpateurs de pouvoirs à l’instinct si liberticide
    http://fr.groups.yahoo.com/group/les_salins_aux_naturistes/
    http://fr.groups.yahoo.com/group/sosnaturiste/
    https://www.vivrenu.com/article.php?sid=762&mode=thread&order=1&thold=0

    Aujourd’hui, Internet nous aide à partager et à diffuser cette réflexion.
    Il nous aide à dominer nos peurs, à nous rendre solidaire les uns des autres.
    Et donc, je te l’affirme, le « naturisme en liberté »
    ne s’arrêtera pas en si bon chemin 🙂

    Bien naturellement,

    Jacques du 91 (Essonne)
    jacques.freeman@free.fr

  2. Tout est dit !

    Je téléphone de suite au ministre pour que ce texte soit étudié au programme dès cette rentrée…

    …et à France 3, pour les plus grands, pour diffusion en début de soirée.

    Quand tout le monde l’aura assimilé, on pourra dire à ce moment… » Plus belle la Vie « .

    Bon été à vous.

  3. Je suis bien d’accord avec la pluspart des idées du textes…

    Mais pas dans celle qui dit que c’est l’Eglise qui à imposé et qui impose toujours de se cacher le sexe et les seins.

    L’Eglise est une organisation humaine qui elle aussi suit plus qu’elle ne mène l’évolution de la société. Comme cela a été dit dans le texte, la pudeur à changé d’expression au cours des siècles. IL était d’ailleurs bien plus facile d’être nu à l’époque où l’Eglise était le seul pouvoir réel en Europe (moyen age, où l’on pouvait recevoir ses invité dans son bain) qu’après (renaissance). Jean Paul II à dit lui même, au nom de l’Eglise, que la nudité simple n’était en rien un péché. Et le puritanisme est bien né dans les civilisations qui ont rejeté l’Eglise (grosso modo tous ceux qui ont du fuir vers les Etats-Unis, d’où l’état d’esprit toujours persistant dans ce pays).

    C’est bien la société toute entière qui à, au cours de l’histoire, définit ses propres règles de pudeur; L’Eglise n’a fait qu’interdire de ne pas les respecter.

  4. Je suis bien d’accord avec la plupart des idées du textes…

    Mais pas dans celle qui dit que c’est l’Église qui à imposé et qui impose toujours de se cacher le sexe et les seins.

    l’Église est une organisation humaine qui elle aussi suit plus qu’elle ne mène l’évolution de la société. Comme cela a été dit dans le texte, la pudeur à changé d’expression au cours des siècles. IL était d’ailleurs bien plus facile d’être nu à l’époque où l’Église était le seul pouvoir réel en Europe (moyen age, où l’on pouvait recevoir ses invité dans son bain) qu’après (renaissance). Jean Paul II à dit lui même, au nom de l’Église, que la nudité simple n’était en rien un péché. Et le puritanisme est bien né dans les civilisations qui ont rejeté l’Eglise (grosso modo tous ceux qui ont du fuir vers les États-Unis, d’où l’état d’esprit toujours persistant dans ce pays).

    C’est bien la société toute entière qui à, au cours de l’histoire, définit ses propres règles de pudeur; l’Église n’a fait qu’interdire de ne pas les respecter, afin d’empêcher l’impudeur qui est pour elle un péché.

    Je sais bien que l’Eglise est une tête de turque à la mode. Mais je pense qu’il ne faut pas s’arrêter à des clichées faciles, et qu’il faut aller chercher plus loin. En particulier, la psychologie et la psycho-sociologie peuvent, en analysant profondément les très complexes relations humaines, nous éclairer sur le phénomène pas si simple de la pudeur et de la relation à son corps.

    Quant à l’anarchisme, si la liberté totale semble être une bonne idée sur le papier, je penses qu’il ne résiste pas à la réalité : les Hommes vivent ensemble et pas seulement les uns à coté des autres. Il faut donc qu’ils se fxent des règles, forcément limitatives de « vivre ensemble ». Pourrais t’on accepter que n’importe qui puisse nous tuer parce qu’il est libre de la faire et en as envie ? Pourrais t’on laisser des groupes organiser devant les enfants (et pourquoi pas en les invitant) des parties de jambes en l’air dans les centres naturistes : NON ! Il faut bien des gens pour établir les règles.

    La liberté totale semble nous échapper au fur et à mesure qu’on la recherche. Peut être simplement n’existe t’elle pas ?

  5. Merci +++ pour cet excellent article :-)))

    Ma phrase préférée : « On ne peut libérer une société qu’en se libérant soit-même, physiquement et intellectuellement. »

    Je suis en parfait accord avec cette description et cette dynamique de vie que j’essaie d’appliquer au maximum, malgré les inconvénients rencontrés : incompréhension de l’entourage, rejet, décalage de plus en plus violent entre le quotidien professionnel et ma philosophie de vie, etc.

    Mais c’est plus fort que moi 😉

    Simplement,

    Xav

  6. Juste pour le plaisir de préciser une ou deux choses …Citation de Chris_Cran : « Je sais bien que l’Eglise est une tête de turque à la mode. »Tête de turque ou pas, l’Eglise a imposé son joug pendant presque deux millénaires, et il est indéniable que cela a marqué profondément notre société.Tout particulièrement (puisque c’est ce qui nous intéresse ici) en ce qui concerne le rapport au corps et à la nudité, en allant, de la manière la plus perverse qui soit, jusqu’à insinuer un sentiment de culpabilité dans la tête des individus qui bravent ses interdits.Et aujourd’hui encore, bien des personnes subissent encore l’influence des restes de ce travail de sappe …Citation de Chris_Cran : « Quant à l’anarchisme … NON ! Il faut bien des gens pour établir les règles. »Si l’anarchisme, ou plutôt le point commun des différents courants anarchistes est le rejet de toute autorité, pouvoir, institution, ce n’est pas pour autant pour faire n’importe quoi de la liberté ainsi acquise.Contrairement au sens commun, l’anarchie prône l’auto-organisation, la responsabilisation de chaque individu.C’est carrément ambitieux, et peut-être l’Homme n’est-il pas encore assez adulte pour assumer un tel programme …

  7. Qulequ’il soit, Eglise ou pas, le but d’un pouvoir est de se maintenir en place et de « gérer » la société afin de la maintenir plus ou moins dans un moule dont certains voudront toujours s’échapper (thème des films MATRIX). Ce que je voulais dire, c’est que derrière l’Eglise, il y a bien d’autres choses à prendre en compte. Elle n’aurait pas décider de cacher le sexe comme çà, tout comme elle ne demanderais pas de sauter à cloche pied à la messe : les fondements sont plus profond qu’une simple décision d’évêques.

    Mais je suis d’accord que l’Eglise, à eu et continue d’avoir un grand pouvoir en Europe et maintenant dans d’autres parties du monde, et à contribuer à faire subsister la pudeur qui s’est développé en Europe.

    Au niveau de l’anarchisme en général, je suis pour ma part convaincu que c’est une belle utopie, mais que, vu la nature de l’Homme, elle est impossible à mettre en place.

  8. Bonjour,

    Je ne suis pas tout à fait d’accord : la pudeur est de toutes les époques, car consubstantielle à l’Homme. C’est simplement la forme que peut prendre cette pudeur qui est culturelle.

    D’ailleurs, le débat sur la « textilisation » des centres n’est-il pas une expression de cette pudeur ?

    Cordialement,

    Falk

  9. si je suis assez d’accord sur le fond de l’article de Cathy je n’approuve pas son avis sur l’église; je pense que l’église comme le naturisme que nous pratiquons prône d’abord le respect de l’autre; malheureusement, tout le monde n’est pas capable d’ateindre ce bel objectif, et les déviants de toutes sortes existent dans tous les groupes humains. Nous ne pouvons que le regretter.
    La pudeur est respectable comme le naturisme quand il n’atteint pas à la liberté de l’autre; certaines sociétés sont plus évoluées que d’autres en la matière et il faut reconnaître que notre pays est très en retard dans ce domaine. Il suffit de voir les réactions de certains lors de rando-nues… Dans les villes allemandes, la nudité ne choque pas: elle reste naturelle (ainsi à Munich, pourtant fief de l’église catholique).
    Cordialement
    Patrice35

  10. Dans un article de l’Express n°2928 du 16 aout 2007, il y a tout un article sur la sexualité des romains.

    On y apprend, et de multiples sources viennent le confirmer, que contrairement à ce que l’on pouvait croire, plus le temps passait et plus la morale se rigidifiait. Petit à petit, la société va interdire les anciennes moeurs pour ne plus autoriser que l’amour dans le couple marié.

    Et voici ce qui est dit : « L’antiquité tardive n’a donc pas attendu l’essor du christianisme pour se crisper. C’est tous l’inverse : obsédée par le souci de modérer les pulsions, condamnant les excès sensuels et sentimentaux, soucieuse de vertu, elle à crée un climat d’austérité morale qui a préparé le terrain à une relecture sévère du christianisme, entreprise par les pères de l’Eglise à partir du IIIème siècle. Une vision qui va s’imposer durablement. «Ces évêques vont faire une fixation sur les aspects sexuels de la doctrine, analyse Catherine Sales. En allant loin dans l’interprétation des évangiles. Car il est peu questions de ces sujets dans le nouveau testament. »»

    Bien entendu, l’aspect pudeur y est lié. Cet article montre bien que de dire que la religion à entrainé le honte de son corps (et de ses relations sexuelles est trop simple. Une religion est façonnée par les sociétés qu’elle traverse, et non l’inverse. De même que la religion chrétienne est devenu, il faut le dire, très peu permissive sur le plan sexuel (sans discuter de savoir si c’est bien ou mal) en entrant dans l’empire romain, ce n’est pas la religion qui ont rendu les américains (pas tous, mais vous voyez de ceux dont je parle) extrêmement moralistes et puritains. Ce sont eux qui, avant de quitter l’Europe, ont voulu se détacher de la religion officielle (quel qu’elle soit) pour se former une religion à leur image (moralisante et puritaine), ce qui leur à valut de devoir quitter le vieux continent. De même, la religion musulmane n’a pas inventé le tchador et le voile : les femmes étaient déjà obligées de les porter avant l’avènement de l’Islam, et cette obligation s’est par la suite retrouvée dans l’Islam.

    Comme quoi, il ne faut pas s’arrêter à dire que la peur de la nudité vient de la religion. Il y a derrière cette façade des aspects sociaux, culturels, et historiques assez complexes.

  11. L’article de Cathy Itak me parait largement dépassé pour ce qui concerne son volet anticlérical. Merci à Cris Cran de bien remettre les pendules à l’heure sur l’Eglise et la pudeur. Même s’il est vrai que des dérives puritaines et un certain moralisme clérical ont pu exister ou existent encore parfois, il n’y a absolument aucune incompatibilité entre un naturisme authentique et un christianisme authentique qui est essentiellement un message de libération de l’Homme et d’Amour (allant bien plus loin que tous les anarchismes libertaires…). Lorsque Saint François d’Assise décide de tout quitter pour le Christ, c’est nu qu’il vient l’annoncer à son père, devant tous, sur la place d’Assise pour signifier à la fois son détachement total des richesses matérielles pour trouver la vraie liberté. Plus modestement, je peux confirmer, en tant que chrétien, que ma pratique du naturisme contribue fortement à mon ressourcement spirituel en me replaçant au coeur de la Nature (de la Création) et dans une relation fraternelle et simple avec les autres. Cathy gagnerait à dépasser son discours anticlérical stéréotypé pour aller voir ce qui se passe vraiment chez les chrétiens d’aujourd’hui qui essaient de mettre en pratique le message de Jésus. Elle aurait sûrement des surprises étonnantes et inattendues !
    Grand Max

  12. Totalement d’accord avec GrandMax31 : la phobie du corps n’a rien de chrétien. La preuve en est que le christianisme est la seule religion où Dieu (la deuxième personne de la Trinité, le logos) s’est incarné. D’ailleurs, contrairement à ce que beaucoup croient, la religion chrétienne n’est pas une morale ; elle est une relation personnelle avec le Christ, via notamment la prière, les sacrements, la fréquentation des écritures et la vie fraternelle.

    Pour un chrétien, le sexe est sacré. Sauf erreur de ma part, c’est JP II lui-même qui a rappelé que l’acte sexuel était l’image la plus parfaite de la relation d’amour que les trois personnnes du Dieu trinitaire entretenaient entre elles. Chose peu connue, y compris en milieu catho…

    Par conséquent, la nudité n’est pas anodine. D’une certaine façon, elle révèle ce que l’homme (fait à l’image de Dieu pour les chrétiens) est au plus profond de lui-même. La pudeur consiste à éviter la « chosification » de l’homme, réduit à ne plus être qu’un objet de désir ou du matériau biologique. Un naturisme chrétien est-il possible ? Apparement oui, d’après Grand Max. Mais dans le respect de cette pudeur. On ne peut pas se mettre nu n’importe où et en présence de n’importe qui, par respect à la fois pour nous-même et pour les autres.

    Cordialement,

    Falk

  13. Bien des commentaires me donnent envie de défendre l’article dont le ton anti-clérical
    me paraît justement salutaire, par les temps qui courent …

    Le discours de Cathy Itak n’est pas dirigé contre les personnes mais, anarchisme oblige,
    contre les autorités en général et les autorités religieuses en particulier.
    Et ce discours est tout a fait logique à propos de la nudité.

    Qu’on ne vienne pas dire (à quelques exceptions près), que l’église n’a pas,
    avec un certain acharnement, combattu la nudité durant les deux derniers millénaires …
    Et notre culture garde de nombreuses traces de ces deux milles ans d’influence,
    dont en particulier une pudeur exacerbée jusqu’à la honte de se montrer nu …

    Qu’on ne vienne pas dire non plus que cette pudeur est innée : il n’y a qu’à voir
    comment les tout jeunes enfants apprécient naturellement la nudité,
    tant que les adultes ne les rappellent pas à l’ordre.

    Voir à ce sujet le propos de Marc-Alain Descamps : http://www.psychologies.com/article.cfm/article/369/etre-nu-gene-et-plaisir

    D’autre part, et fort heureusement, personne ne prétend qu’il y a
    « incompatibilité entre un naturisme authentique et un christianisme authentique ».
    Les deux sont affaire de choix personnels, et les assumer sereinement
    en respectant autrui est assurément une marque d’intelligence.

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