31 octobre 2020

Spencer Tunick à Bruges : Mon témoignage

Après une courte nuit, nous voilà arrivés, à pied, au lieu du rendez-vous qui avait été fixé par l’extraordinaire artiste.
C’est la nuit, il est trois heures du matin, il ne pleut pas, un petit vent fait bouger les drapeaux multicolores fixés sur la façade du théâtre de la ville.
Je n’imaginais pas qu’il y aurait autant de monde, combien sommes-nous? Mille, mille cinq cents personnes? Impossible à compter tellement la foule est dense.
Il flotte un parfum de fête et de la joie se lit sur les visages des participants. Des gens encore, des jeunes, des vieux, des femmes et des hommes venus des quatre coins de l’Europe, qui arrivent encore et viennent gonfler la masse déjà si importante.

Quelques minutes s’écoulent et voilà qu’on apporte un escabeau, on le dresse juste à l’entrée du bâtiment. Un mégaphone au bout du bras, l’artiste monte sur les marches, on l’applaudit, on réclame le silence et le brouhaha cesse soudain. Le Maître se présente puis nous remercie d’être là pour lui, il s’adresse à la foule en anglais, une de ses assistantes le traduit en néerlandais. Je n’y comprends rien mais Michel, qui nous accompagne, comprend, il me dit ce qui se passe.
Nous apprenons qu’il y a déjà des figurants à l’intérieur du théâtre et qu’une séance de photos s’y déroule. Nous regrettons de ne pouvoir y participer mais les responsables nous expliquent que le théâtre est prévu pour accueillir sept cents personnes et nous sommes trop nombreux.
Attendre, attendre c’est le maître mot du phénomène.
Tiens, elle était prévue par les bulletins météo de la semaine, mais ne l’attendions pas de si tôt: La pluie, bien sûr, la voilà, celle qui mouille, des petites gouttes toutes fines qui pénètre à l’intérieur de nos vêtements, qui nous glace les os.
Nous sommes invités à déposer, dans une urne, notre formulaire dûment complété, qui nous avait été adressé par le biais d’Internet, on nous remet en échange un sac en plastique qui servira pour y placer nos vêtements, puis, rapidement, l’attroupement se disperse, nous cherchons un petit coin pour nous y abriter.
Les minutes passent, plusieurs minutes, les quarts d’heure aussi.
Philippe (le Président de mon club) et Michel glanent quelques renseignements auprès du personnel encadrant. Ainsi, nous apprenons que la séance extérieure ne se produira pas tout de suite.
Nous piétinons. Quelques personnes nous ont quittées après avoir perdu leur patience ou tant elles étaient frigorifiées. Les policiers sont au rendez-vous, eux aussi, paisibles, ils attendent.
Jérôme, un ami de notre groupe et moi décidons d’aller boire un café, pour nous réchauffer un peu, dans le débit de boissons qui se situe juste à côté de l’endroit.
Nous ne sommes pas les seuls. A peine rentrée dans la pièce, la buée envahit mes lunettes. On se réchauffe, on discute, on casse le temps. Une jeune fille danse en suivant le rythme endiablé que diffuse la sono du bar, elle est à mille lieues de se douter de ce qui va se jouer dans quelques heures maintenant.
Cinq heures trente, voilà plus de deux heures qu’on est là, le jour commence à se pointer, la foule se dirige vers la grand place de Bruges, là se trouve le beffroi. Il pleut toujours et encore des petites gouttes, nous faisons la queue pour acheter un café et un croissant devant un podium monté pour l’événement.
Nous rencontrons Christian, un autre compagnon, que je surnommerai: « le petit futé » Car nous avons quitté l’hôtel en même temps et pourtant, lui nous raconte qu’il a su pénétrer à l’intérieur du théâtre pour figurer dans la première partie du spectacle, en se frayant un chemin dans la foule.
Il nous explique que l’artiste lui demandait de se mettre dans différentes positions, dont l’une d’entre elles consistait à se tenir debout sur les fauteuils, les pieds joints, la tête et les bras tendus, plongés vers l’avant. Christian nous dit qu’il était dans des positions très inconfortables car longues dans la durée.
Attente encore, puis nous nous dirigeons vers l’endroit qui semble être choisi par l’artiste pour accomplir la deuxième partie son oeuvre. Il s’agit d’une petite rue étroite, située au coeur de la ville.
La pluie s’est arrêtée de tomber, peut-être aurons-nous de la chance pour les poses?
Vu les conditions météorologiques médiocres, je pensais qu’il y aurait moins d’amateurs pour l’événement, mais point du tout, au contraire même!
Nous sommes maintenant enfin tout près du but. Je suis déterminé à aller jusqu’au bout de ce que je croyais impossible. Nous nous serrons les uns contre les autres, la chaleur monte, je sens l’humidité m’envahir, mes épaules et ma nuque me font mal.
Quelques curieux jettent un oeil aux travers des vitres de leur hôtel, le regard effaré, « mais que font tous ces gens au pied de mon logement? » Se demandent-ils et nous les saluons en criant, hurlant même et tapons dans nos mains pour les applaudir.

L’ambiance devient de plus en plus électrique et chaude, malgré la pluie qui a repris des impatients se sont déjà délestés de leur maillot de corps.
On prend quelques photos à la hâte.
Voilà, c’est parti, le signal est donné, comme quand on prend le départ d’une course, parti de je ne sais où, la foule dans un unique et même mouvement se déshabille.
On se dépêche de mettre nos vêtements dans les sacs en plastique, on roule en boule:
Manteaux, blousons, pulls, jupes, jeans, chemises, culottes et on fourre ses chaussures par-dessus.
C’est fait, nos vêtements ne sont plus que des chiffons jetés, comme si personne ne les utilisait plus jamais. Combien de temps cette opération a durée?
Je n’ai pas pu le mesurer, mais je crois qu’en moins de cinq minutes la foule était nue.
Une immense joie m’envahit, un profond bien être et, bizarrement mon mal aux épaules que je ressentais tout à l’heure a disparu, comme si la « charge » s’était répartie sur toute la surface de ma peau. Je n’ai pas froid, je ne tremble pas pourtant la température est d’environs 7° centigrade et j’ai les pieds dans l’eau.
Autour de moi les gens sont dans leur plus simple appareil, je rigole, je crie, j’explose et à côté de moi on fait pareil.
Je prends Jérôme en photo, il prend la pose. A mon tour, je me fixe devant l’objectif et clic, c’est dans la boîte!
Quel bonheur, je ne ressens aucune gêne. Une impression de grande liberté m’envahit le corps et l’esprit.
C’est un moment merveilleux, inoubliable, que je voudrais à jamais arrêter.
Puis, laissant nos plastiques de chiffons sur place, nous nous dirigeons dans une rue annexe, tous en uniforme le plus simple que cette merveilleuse Dame Nature nous a donné.
Quelques phrases sortent du porte-voix, la foule de naturistes ne fait plus qu’un, une seule force, un seul mouvement. Quelques personnes s’arrêtent et nous suivons, ce n’est pas bon, nous recommençons.
Plus personne ne bouge, en voilà une!
Nous crions, nous applaudissons le Maître.
Une autre photo, accroupie cette fois, opposée à l’objectif.
Chut! plus un mouvement ni un bruit, la circulation a été coupée pour l’occasion. Le haut-parleur crie: Toujours pas bon, quelqu’un s’est retourné, on reprend. Voilà c’est fini.
Comment? Quoi? Déjà fini?
Bien oui, à mon grand regret, moi qui pensais que cette opération méticuleuse durerait une bonne heure!
Nous retournons vers l’endroit du départ, où se trouvent les sacs de chiffons!
Nos gestes sont lents et décontractés.
En passant au pied de la nacelle, je salue et remercie très chaleureusement Spencer Tunick en lui faisant des gestes amicaux, ainsi qu’aux caméras et objectifs des médias qui nous filment.
Le temps s’est arrêté, je retrouve Jérôme et Christian (Le petit futé) que j’avais perdu de vue dans cette douce bataille.
Eux veulent gagner du temps de pur bonheur et hésitent à se rhabiller, nus, ils franchissent les barrages de police, chargée d’écarter les badauds. La police ne dit rien.
Finalement, ils décident de retourner au lieu de notre hébergement en gardant leur sac à la main.
Moi qui me suis revêtu trop vite, je n’ai jamais pensé, une seule seconde, qu’ils rentreraient nus! J’aurais fait comme eux évidemment!
J’en profite pour saisir l’appareil photo de Jérôme et je tire quelques clichés d’eux.
Clic! En voilà une prise dans la rue derrière le beffroi, hop! une seconde, prise à la terrasse d’un café, des automobilistes klaxonnent, des passants nous regardent sans trop comprendre ce qui se passe, la vie se déroule normalement. Dans une boulangerie, la servante sert les rares clients levés à cette heure bien matinale, on nous regarde à peine, des jeunes gens rigolent en nous voyant, une ou deux personnes protestent, mais dans l’ensemble, l’attitude de mes compagnons ne choque pas. Encore quelques vues prises à l’entrée de notre hôtel.
Enfin, épuisés par une nuit qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, nous regagnions notre chambre où nous nous retrouvons et échangeons nos sentiments, nos émotions, nos impressions.
Je retrouve mon lit que j’avais laissé si tôt ce matin. J’essai de dormir un peu, mais en vain, j’ai la tête chargée et à chaque fois que je ferme mes yeux, les images se bousculent, je souris, je ris en me repassant le film de cette tendre nuit. Mes nerfs craquent, j’en attrape les larmes aux yeux, des larmes de bonheur, de décontraction totale.
Plus tard dans la matinée, nous retrouvons Dolorès, une compagne de chambre qui avait été sélectionnée par l’artiste pour exécuter la dernière partie de son oeuvre. Elle nous explique qu’elle devait s’installer dans un bateau mouche et prendre diverses positions, le tout sous une pluie battante, les prises ont été difficiles à réaliser.
Nous déjeunons tous ensemble, puis nous nous quittons avec l’espoir de renouveler cette expérience une fois encore dans notre vie.
Après ce moment d’émotions intenses que je viens de vivre, je quitte Bruges en me disant que je ne regarderai plus jamais les rues de cette ville comme avant.
Daniel
Membre du Club naturiste Originelle.

https://www.naturisme-france.com/forums/evenements-photographiques-happenings-spencer-tunick-bodypaintings/installation-spencer-tunick-a-bruges-samedi-7-mai-2005
Voir un reportage vidéo de la TV belge (langue néerlandais)
Voir un autre reportage vidéo de la TV belge (très complet en néerlandais)
Voir la galerie photos sur l’événement de Bruges

6 réflexions sur « Spencer Tunick à Bruges : Mon témoignage »

  1. Evénement Le photographe américain a mis en scène ses foules de nus, samedi, à Bruges

    Le strip urbain, c’est Tunick !
    JEAN-CLAUDE VANTROYEN
    samedi 07 mai 2005, 02:00

    Quelque 2.000 figurants dans le plus simple appareil. Le froid et la pluie n’ont pas freiné l’enthousiasme. « Thank you all », leur a lancé Spencer Tunick.
    Waaaaoow : la clameur enfle soudain, sortie de 2.000 gorges rassemblées dans la petite rue Nikolas De Pars, pas loin du Stadsschouwburg, en plein centre de Bruges. Le signal a été lancé :
    Déshabillez-vous ! Et tout le monde de se désaper au plus vite, de rouler ses vêtements détrempés par une pluie ininterrompue dans le grand sac plastique qui a été fourni à chaque participant. Dans le rire, la bonne humeur, une ambiance de fête.

    Tout le monde attendait ce moment. Depuis 3 heures du matin, samedi, la foule s’était pressée contre le théâtre, dans le crachin. Spencer Tunick avait pris des photos à l’intérieur : 700 personnes seulement. Puis, tout le monde s’était dirigé vers la ruelle. Le photographe était monté sur une échelle : Je ne travaille pas au flash, leur clama-t-il dans le mégaphone. Alors, j’attends la lumière. Le lever du soleil, d’abord, une clarté suffisante, ensuite. De longues, longues minutes d’attente dans une température peut propice au streaking. Soyez patients, avait-il lancé. Merci d’être restés malgré le mauvais temps.

    Et voilà que soudain, une rivière de chair nue, blanche, rose, quelquefois halée, s’étale dans la De Parsstraat, puis s’écoule dans la Vlamingstraat. Des fesses, des seins, des zizis, des ventres.
    Tous formats. Il ne faut pas une minute pour qu’on ne se regarde plus et qu’on marche, sans plus faire attention à la nudité, en jouissant simplement de cette sensation de liberté et de plaisir. On sourit, on rit même, alors qu’on marche pieds nus sur les pavés d’une froide humidité, la peau nue agressée par le crachin persistant.

    Spencer Tunick a placé l’élévateur dans la Vlamingstraat. De sa plate-forme surélevée, il installe la foule nue dans cette portion de rue courant jusqu’au Markt. Dans le viseur de son appareil, Tunick voit la masse de chair se détacher sur fond de beffroi. La liberté de la nudité devant le symbole de la liberté communale… Le froid fait frissonner, des sautes de vent soudaines soutirent des plaintes, mais les sourires ne s’effacent pas. Tout le monde présente son derrière au photographe. Debout, les bras le long du corps, sans bouger. On fait silence. Le maître travaille. OK, down now, crie Tunick. A genoux ou accroupis. Une mer de corps s’abaisse : Don’t move, ne bougez pas. Encore une, one more. OK !

    La foule se lève d’un seul mouvement et se retourne vers l’artiste, bras levés pour l’applaudir. Ce n’était pas prévu, Tunick en profite. Les applaudissements crépitent, les mains s’agitent en l’air. Clic, clic, clic. Thank you all. C’est fini. Ça a duré quoi, une demi-heure ? Pas de montre pour le vérifier : tout nu, c’est tout nu, bijoux, lunettes, montres compris.

    La rivière nue s’écoule dans l’autre sens. La joie reste la même. On se rhabille dans la précipitation. Pas par pudeur : pour récupérer un peu de chaleur. Mais les gens sont heureux. Je viens souvent à Bruges, en costume folklorique, pour danser, commente Jan, 42 ans, d’Eeklo. Alors, j’ai voulu aussi arpenter Bruges tout nu. C’est unique, non ?

    C’était joyeux, amusant, très gai, lance Jurgo, 23 ans, d’Anvers, tout en se rhabillant. C’était drôle, disent Kristel et Anna, toutes deux 19 ans, de Gand. On s’est senti en vie et heureux de participer à cette étrange installation.

    Personnellement, on partage ce plaisir de la participation. A une oeuvre, bien sûr, celle de Tunick : chacun de nous était le pixel anonyme et indispensable à une image d’ensemble. Mais c’est plus que cela : dans cette vie un peu grise qui est celle de notre société, cette action agit comme un arc-en-ciel, elle rend heureux, joyeux,
    elle nous permet de conserver notre santé. S’il n’y avait eu la pluie – et c’est la première fois que Tunick y est confronté dans cet exercice -, nous sommes persuadés que tout le monde serait resté une heure de plus, sinon même toute la journée.

    Avant son installation de rue, Tunick avait mis 700 personnes, mi-hommes mi-femmes, en scène dans le Stadsschouwburg même. Nicole, 42 ans, de Bruxelles, y était : Chacun s’est installé sur un siège, du parterre au quatrième étage. Alternativement un homme une femme. Sur scène, Tunick place son appareil. Puis donne l’ordre de se dévêtir.
    Et alors, tout change, c’est un choc. La mosaïque de couleurs des vêtements fait soudain place à l’uniformité de la chair claire, qui contraste sur les rouges et les ors du décor du théâtre. On a dû rester assis, puis se mettre à genoux, puis debout sur les chaises.
    A la fin, on nous a demandé de nous retourner et de pencher le dos.
    Tunick a dû voir un fameux décor de derrières fessus…

    A 7 heures du matin, Tunick a encore demandé à 270 femmes de poser nues dans les petits bateaux des canaux. Les candidates étaient trempées jusqu’aux os, mais elles ont joué le jeu de l’artiste, en faisant comme des corolles de fleurs qui s’ouvrent sur l’eau du canal. Bravo aux femmes d’ici, a commenté Tunick. Elles sont fortes, courageuses et excessivement généreuses. Mais, pour tous les modèles, ce fut une grande joie, maître.

  2. Esprits Chagrins
    ——————-

    Oui l’air vif du petit matin nous glaçait jusqu’aux os.

    Oui le ciel nous inondait de ses larmes.

    Oui beaucoup furent appelés et peu furent élus pour 2/3 des sessions photos.

    Oui les pavés Brugeois froids et humides glissaient sous nos pieds.

    Oui le manque de sommeil se faisait ressentir dès l’aube sur nos organismes éprouvés.

    Mais que diable avions-nous été faire dans cette galère ?

    Art ou Voyeurisme, Communion ou Exhibition
    —————————————————–

    Certes, Certes, Oublions nos claquements de dents et vivons cet événement

    N’est-t-il point fédérateur d’obtenir la vision idyllique ne fusse qu’un court instant d’une communauté de 2.000 hommes et femmes libérée de tout attribut, partageant le même objectif et communiant en ce sens ?

    C’est donc là que Spencer Tunick réussit à chaque fois son pari où d’autres ont échoué bien des fois.

    L’oeuvre est cependant controversée et induit à chacun des opinions divergentes.

    S.P. nous propose au travers de son objectif sa vision propre du réel au travers d’un Tabou : LA CHAIR CRUE.

    Partant du postulat que la nudité peut à la fois être belle ou vulgaire, artistique ou voyeuriste,
    La particularité ne représenterait-t-elle pas de l’exhibition par rapport au tout qui lui serait de l’art ?.

    Tout est à mon sens un état d’esprit. Le débat est ouvert …

    Le Défi
    ——–i

    Tout commun des mortels est en droit de s’interroger sur les motivations profondes qui poussent 2.000 personnes à déambuler dans le plus simple appareil sous une température glaciale ?

    J’ai rencontré plusieurs personnes qui pour la première fois de leur vie se mettaient nus.

    En effet, qui n’avait jamais fait ce rêve et à la fois cauchemardesque et paradisiaque de se trouver dénudé et libre dans une cité.

    Peut-être est-ce alors la transgression d’un interdit ambivalent ?

    Conclusion
    ————-

    L’expérience fût pour ma soeur et moi totalement inédite et exaltante. Merci donc Monsieur Tunick de nous avoir permis de vivre un évènement inédit que nous ne sommes pas prêtes d’oublier

    Sabine et Noémie

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