25 octobre 2020

Remarques sur le dernier livre de Marcel Rufo

Texte de christian Suavet

Lettre ouverte au professeur Marcel Rufo, pédopsychiatre, à propos de son
ouvrage : Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos
enfants. Editions Anne Carrière.

Cher Monsieur,

J’ai beaucoup apprécié votre dernier ouvrage… disons à 99%, le 1% restant concerne vos propos sur le naturisme.
Dans votre livre, vous montrez à plusieurs reprises que vous n’êtes nullement coincé dans une pensée monolithique, et que vous n’hésitez pas à vous remettre en question et à l’avouer. Aussi je me suis permis de vous envoyer mon point de vue sur la question.

Pour avoir débuté le naturisme juste avant la naissance de notre enfant, mon épouse et moi, nous sommes questionnés sur le rapport de l’enfant à la nudité, et avons été très attentifs au comportement et aux réactions de notre fils sur plusieurs années, dans le soucis constant qu’il ne ressente pas la pratique du naturisme comme lui étant imposée.

Nous avons commencé à la plage, et au début nous lui avons imposé de garder son maillot car il n’était pas encore propre. Mais très vite il l’a perçu comme un vêtement encombrant qu’il a ôté dès qu’on le lui a permis.

Vous dites qu’à l’île du Levant « …les enfants s’amusaient à s’enfouir dans le sable. Ils couvraient une nudité imposée, soustrayant aux regards un sexe
qu’ils étaient obligés d’exhiber ». Pourtant j’ai vu des enfants en maillot yjouer aussi ? Faudrait-il donc tous les vétir de la tête aux pieds ? Voici mon interprétation de ce jeu : Les enfants de naturistes se rendrent bien compte que la société dans laquelle ils vivent tous les jours n’est pas naturiste, et le naturisme pratiqué en vacances bouleverse quelque peu les normes qu’ils se sont forgées tout au long de l’année. Je verrais plutôt le fait de se couvrir de sable comme une façon de compenser ce manque de repères, de se sécuriser en se raccrochant à l’ancienne norme, celle de la société traditionnelle. La réticence à se remettre en question est un signe de manque de maturité tout à fait normal chez les enfants. D’ailleurs il n’y a pas que les enfants qui se raccrochent à des repères obsolètes du passé par peur de se remettre en question.
L’humanité sort à peine de l’adolescence. La société murit trop vite pour certains, et on assiste en réaction à une vague de puritanisme dont certainement

sans le vouloir vous contribuez par quelques propos malheureux qui viennent en conclusion d’un ouvrage qui me semble très bien fait, ce qui en augmente la portée.

Je tiens à préciser aussi, comme vous le signalez qu’il n’est pas sain pour des parents d’être nus devant leurs enfants à la maison. L’enfant peut le prendre pour un manque de respect, une façon de faire comme s’il n’existait pas.

De plus l’enfant va comparer son anatomie au parent de même sexe et se sentir diminué. Ceci, seulement si la nudité est pratiquée à la maison, car en milieu naturiste, parmi d’autres enfants de son âge, il va se rendre compte qu’il est normal. Comme l’a dit très justement Françoise Dolto (oui, je suis un peu "Doltoïsé", mais pas trop) « Considérez votre enfant comme si vous étiez avec une personne que vous estimez et respectez. Etes-vous nus devant des gens que vous respectez ? Non ? Alors ne le faites pas devant vos enfants. Mais si c’est le cas, alors pourquoi pas ».
J’ai failli sourire quand j’ai lu qu’il vallait mieux garder un maillot pour prendre le bain avec son enfant, si ce n’est que le fait de garder un maillot n’était pas du tout anodin. Cela induit dans l’esprit de l’enfant que ce que l’on cache est obscène. Un organe peut-il être obscène en lui-même ? Ne sont-ce pas plutôt les comportements qui pourraient l’être ?

J’ai relu plusieurs fois le passage où la fillette de naturistes entrait dans la douche de son papy non naturiste, et je n’ai pas vu du tout le rapport avec le naturisme. J’y vois plutôt le fait que le papy ait crié très fort, l’a fait prendre conscience qu’il avait autorité sur la famille, rien à voir à mon avis avec le fait qu’il soit nu. Nous sommes dans le même cas, et ça n’a rien à voir avec le naturisme : le père de ma femme était très violent verbalement avec toute sa famille devant notre fils. Ma mère a été quelquefois autoritaire avec moi devant notre fils. J’ai eu beaucoup de mal à reprendre mon autorité
de père. A 4 ans, il nous a dit textuellement : "Vous êtes les enfants de vos parents, et tant que vous les avez, je n’ai pas à obéir à des enfants !".

J’observe beaucoup le comportement des gens, et il m’est arrivé un jour d’observer deux fillettes de 8, 9 ans sur la plage en maillot alors que leurs parents étaient nus. C’était des enfants de nudistes, car les nudistes se reconnaissent à leurs enfants qui gardent le maillot. Les nudistes se mettent nus pour bronzer sans marques simplement pour plaire à leur conjoint, sans aucune éthique particulière. Leurs enfants n’ont donc aucune raison à leurs yeux de se mettre nus, d’ailleurs les parents leurs font passer tacitement l’idée que le nudisme c’est un truc de grands, et donc les enfants doivent garder le maillot.
Ces deux fillettes en maillot attendaient que leurs parents soient sur le ventre, pour en profiter pour l’enlever et sauter joyeusement dans les vagues.
Comme quoi, le maillot peut être un obstacle à la liberté des enfants. Dès que leurs parents se sont retournés, elles se sont précipitées pour le r’enfiler, comme si elles avaient été conditionnées pour culpabiliser du plaisir naturel qu’elles ont éprouvé.

Vous dites : « Il ne s’agit pas ici de dénoncer le naturisme. Se mettre nu quand on est seul pour se baigner ou profiter du soleil peut être un beau moment de symbiose avec la nature. »
C’est le nudisme que vous décrivez là. On est nudiste pour soi, le naturisme introduit la notion de rapport aux autres. Ce qui fait la particularité du naturisme, c’est justement la pratique collective. Se mettre nue est pour une femme naturiste une façon de dire aux hommes qui la voient : "J’ai confiance en vous, je sais que vous ne me regardez pas d’un oeil pervers, comme un objet de convoitise". Inconsciemment les hommes perçoivent le message, apprécient cette marque de confiance qui les valorise et s’en montrent dignes. Leur nudité visible sans excitation signifie : "Vous avez raison d’avoir confiance en moi".
Voilà pourquoi dans les lieux naturistes, les gens sont naturellement souriants, détendus, ouverts. Même sans se parler, circulent dans l’air des centaines de messages de confiance réciproque. C’est tout ce qui fait l’ambiance naturiste. La punition est immédiate pour celui qui n’a rien compris et qui en profite pour ce rincer l’oeil, c’est la perte de l’estime de soi. L’homme nu véhicule un message de paix envers les autres hommes : "Nu, je suis sans armes, je ne représente aucun danger pour vous, mais aussi en exposant ce que j’ai de plus vulnérable, je suis volontairement sans défenses car j’ai confiance en vous". Cet état d’esprit désamorce toute forme de violence et incite au respect mutuel. Dans notre société minée de l’intérieur par la
violence au quotidien, n’y a-t-il pas là une voie à suivre pour l’avenir ?


Bien sûr, il n’est pas pensable d’envisager un jour de sortir nus dans la rue, mais en passant ne serait-ce qu’une partie de ses vacances dans un lieu naturiste, qu’il soit libre ou à but commercial, on s’imprègne de cette mentalité que l’on garde dans un coin de notre cerveau et qui influe sur notre comportement social tout au long de l’année.

La société dévalorise la femme en la réduisant à un objet sexuel, et du même coup elle dévalorise aussi l’homme en le réduisant à un obsédé sexuel. Etre naturiste c’est prendre conscence que la société nous impose un jeu de rôles qui ne correspond pas à la nature profonde de l’homme, c’est réaliser que dans notre société, la nature humaine est pervertie par des tabous artificiels, des préjugés, des principes arbitraires dictés essentiellement par des millénaires de volonté oppression de l’homme sur la femme.
Je vous cite : « Entre adultes déjà, l’exhibition de son anatomie en dehors de circonstances intimes, n’est pas tout à fait anodine ». Le naturisme serait-il donc quelque part une forme de perversion ? Que dire de l’intégriste islamiste qui pense que l’exhibition du visage des femmes en dehors de circonstances intimes n’est pas anodine ? Qui détient la vérité ? Ce n’est qu’une question de degré, mais le principe est le même. Ceci pour préciser que le raisonnement qui associe, comme c’est le cas dans notre société, nudité à sexualité peut ne pas avoir de limite et être porté à son paroxysme. Mais ce n’est pas le cas pour les naturistes qui considèrent que c’est au contaire le fait de cacher qui n’est pas anodin. Le seul fait que le naturisme existe est la preuve que l’on peut vivre nus sans avoir la moindre pensée à caractère sexuel, sinon ce serait un tel calvaire, une telle frustration, que le naturisme s’éteindrait de lui-même ou dégénèrerait en libertinage.

Bien sûr il y a ceux qui n’ont rien compris, pour qui nudité va de soi avec sexualité comme les libertins. Ils sont en plein dans la norme de la société.

Non seulement ils n’ont rien à voir avec les naturistes, mais ils leur font le plus grand tort. Ce n’est pas que ces gens là existent qui est choquant, c’est que le plus souvent, ils fassent étalage de leurs pratiques sexuelles en public sous prétexte d’être sur une plage naturiste, une plage sans règles selon eux.

Il est impossible de faire comprendre qu’associer nudité à sexualité ne fait pas partie de la nature humaine, que c’est une norme totalement arbitraire, sans avoir soi-même acquis le recul que procure la pratique du naturisme. Je vais quand même le tenter en faisant un rapprochement avec le tutoiement :
Le tutoiement est la nudité du langage. Il existe encore quelques rares couples qui, sous prétexte de respect, de convenances, ou autres raisons, habillent leur langage d’un vouvoiement, ce qui leur procure une certaine excitation à se tutoyer dans les moment les plus intimes, comme une plus grande pénétration dans l’intimité du partenaire. Mais nous qui tutoyons nos proches et nos amis dans la vie courante, nous savons bien que le tutoiement en lui-même ne procure aucune excitation. C’est pareil pour la nudité.

Je vous cite : « Sous prétexte de liberté, ils [les parents naturistes] leurs imposent [à leurs enfants] une norme arbitraire ». Obliger un enfant à porter un maillot, c’est lui imposer l’idée que certaines parties du corps doivent être tenues cachées car être nu est malsain, ce qui induit implicitement qu’il faut avoir honte de certaines parties de son corps (d’ailleurs ne disait-on
pas il y a peu de temps encore "les parties honteuses" ?) sans lui laisser le choix de penser autrement ? De quel côté est donc la norme arbitraire ? Indifférencier nudité et sexualité, c’est attribuer à l’organe les critères d’obscénité qui devrait être incombés à un comportement sexuel imposé à la vue d’autrui, c’est ne pas permettre à l’enfant de faire la distinction entre l’organe et la fonction. Cette confusion peut durer toute la vie et être transmise de génération en génération.

Dans notre société, on ne cache pas la bouche qui joue pourtant un rôle important dans la sexualité (le rôle le plus important d’ailleurs au niveau de l’implication de soi dans une relation). Nous voyons bien là que la nudité d’un organe à caractère sexuel quand elle est habituelle ne provoque pas le désir sexuel, et n’est pas non plus perçue comme agressive, ni comme un manquement à la pudeur des enfants.
Les doctrines qui imposent de cacher tous les organes à caractère sexuels comme l’Islam maintiennent les hommes dans un retard affectif de préado à peine pubère où l’agressivité domine les rapports hommes-femmes. Notre société un peu moins puritaine fabrique des hommes machos, virils, toujours prêts à sauter sur tout ce qui bouge (je caricature mais en gros c’est ça), des éternels adolescents qui ont besoin de refouler leur douceur et tous les attributs que l’on qualifie à tort de féminins pour s’identifier sexuellement. Les naturistes montrent à leurs enfants le spectacle d’adultes ayant acquis la maturité sexuelle, ayant acquis une certaine sagesse. Ils leur montrent que les hommes ne sont pas dominés par leur cerveau reptilien, qu’ils peuvent prendre du recul sur le côté bestial de l’être, et surtout sans faire d’efforts pour cela. La maturité sexuelle va de paire avec la maturité tout court. Quand il y a des lieux où l’abscence de voile justifie le viol, quand dans notre société l’abscence de
cadenas justifie le vol, chez les naturistes on peut laisser en toute confiance ses clés au contact, et une montre de valeur oubliée au bord d’un lavabo y reste jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée par son propriétaire. Les seuls endroits où il a des problèmes sont les lieux où il y a du laisser-aller dans le respect de la nudité, et du coup des non naturistes y entrent.


Vous déconseillez de parler d’amour aux enfants, mais j’ai dû le faire quand il m’a fait, à 7 ans, la description détaillée d’un film porno que lui avait raconté un copain. Juste pour lui signifier que ces films étaient conçus pour satisfaire les pulsions instinctives des hommes qui manquaient de femmes, que l’amour physique même si c’est ça dans le principe, dans la façon de le faire c’est d’abord le respect de l’autre, c’est autant donner de soi que recevoir de la personne qu’on aime, c’est tout ce qui en fait la beauté, et j’en ai profité pour lui dire de ne pas se croire obligé de commencer par curiosité ou parce que les copains le font, qu’il doit attendre le bon moment pour qu’il se juge apte à vivre pleinement ce moment d’émotion unique qu’il n’oubliera jamais, et que les copains qui font les marioles en se prenant pour des tombeurs de filles, n’ont rien compris. J’ai pensé comme vous qu’à aucun moment, je ne devais lui parler de mon expérience d’adolescent (d’ailleurs elle n’a aucun
intérêt, et j’aimerais qu’il réussisse la sienne).

Je mets au courant mon fils au fur et à mesure qu’il grandit, de tous les dangers qui le guêtent, en particulier la pédophilie. Il sait, bien sûr, que personne ne doit le toucher intimement sauf la personne qu’il aimera le moment venu, mais surtout que les perversions ne font pas partie de la nature humaine, que les pédophiles sont des malades, que les hommes normaux ne sont pas comme ça. Je suis persuadé que le naturisme contribue à lui en donner la preuve.

La petite graine…, je pense aussi que c’est l’exemple de ce qu’il ne faut pas dire aux enfants. Cela sous-entend que c’est l’homme le géniteur, que la femme n’est que le réceptacle, la couveuse. Mais je pense qu’on peut dire la vérité et y apporter beaucoup de poésie. Avec mon fils, j’ai pris l’exemple de la fleur, l’homme apporte ce qui correspond au pollen qui est comme une moitié de graine, pour féconder l’ovule féminin qui est l’autre moitié de la graine.
Ce qui est primordial, c’est que l’enfant prenne conscience que chacun apporte la moitié de la graine. Il reste des vestiges antique qui nous indiquent que la femme a été vénérée tant qu’elle a été considérée comme seule responsable de
la reproduction humaine, puis méprisée quand l’homme a cru que seule sa semence en était responsable.
Dans mon enfance, les garçons ne devaient pas savoir…, et j’ai même le souvenir de ma grand-mêre faisant pipi debout contre un arbre pour me faire croire qu’elle avait un zizi. J’ai très longtemps pensé que les parents qui souhaitaient avoir une fille lui laissaient simplement pousser les cheveux, et quand j’ai vu la première fois la différence, j’ai cru que cette enfant était
handicapée. Pourquoi m’ont-ils trompé comme ça ? Pourquoi les gens y voyaient tant de mal ? Que de questionnements… que d’angoisses mes années d’adolescence…
Pour notre fils, l’anatomie féminine ne présente aucun mystère, ne génère visiblement aucune angoisse, il ne fait preuve d’aucune curiosité mal placée, pas d’ambiguité, tout est clair dès le départ, il entretient de bien meilleurs rapports avec les filles que ses copains non naturistes, comme s’il n’avait pas besoin d’être agressif ou méprisant envers les filles pour s’identifier en tant que garçon.

A 8 ans, il fait bien la différence entre le milieu naturiste et le reste de la société, et il nous a clairement exprimé avec ses mots à lui, qu’il réalise la chance qu’il a d’avoir des parents ouverts et sans a prioris, et se fait une joie de savoir à l’avance lorsque nous sortons en week end naturiste.
Nous avons constitué un groupe d’amis qui organisons des sorties dans des endroits isolés de la Côte d’Azur avec pique-niques naturistes au bord de rivières ou de lacs. Le bonheur de nos enfants lors de nos sorties fait plaisir à voir, et nous n’hésiterions pas un seul instant à les laisser à garder si nous constations le contraire.

Notre fils a acquis une grande maturité par rapport à d’autre enfants de son âge. Il nous étonne par son aptitude à discerner la nudité naturelle de la nudité suggestive. Les rares émissions consacrées au naturisme l’intéressent, mais dès qu’il y a dans un film ou une émission, un commencement de streep-tease ou de relation intime, il ne peut s’empêcher de zapper.
Un jour, un documentaire sur la plongée sous-marine a été diffusé à sa classe. A un moment, une femme faisait de la plongée en apnée nue pour pêcher au fond de l’eau. Notre fils nous a demandé en rentrant, pourquoi ses copains se sont mis à rire bêtement.
A la piscine au moment de se changer, certains se moquent du zizi des autres. Devant tant de préjugés, il cache son naturisme à ses copains.
Dernièrement, il m’interrogeait sur la question du voile islamique. Après mes explications, il m’a dit étonné : "Mais alors, il n’y a pas de naturistes chez les islamistes ?
— Euh, non en effet, il ne doit pas y en avoir beaucoup.
— Et bien… Ils sont vraiment trop nuls !".

Nous avons souvent de longues conversations sur des sujets de société, et je suis stupéfais de sa lucidité. Il me raconte qu’il parle à ses copains du matraquage publicitaire, de la télé-poubelle, de la mal-bouffe, de la dictature des marques…, de tous les attrape-couillons de la société comme je les appelle, sans trop insister toutefois pour ne pas se sentir hors du coup.
Ce n’est pas le naturisme en soi qui rend les gens plus lucides, qui leur permet de prendre du recul, c’est le fait qu’une pratique aussi saine, aussi structurante pour l’individu comme pour la collectivité, soit reléguée en marge de la société, ne peut qu’interpeller sur le bien fondé des valeurs de cette société. Le problème va bien au delà du naturisme, c’est la survie de la démocratie qui est en jeu. La démocratie est en danger quand les gens sont incapables de reconnaître ce qui est bon pour la société, et se laissent berner par des discours démagogiques adaptés à leur manque de discernement. Avec des valeurs
de pacotille, où le futile est érigé en dogme, où le paraître l’emporte sur l’être, on est en train de nous dire : "Dormez braves gens, pendant que vous regardez le "Loft" et la "Star’Ac", d’autres pensent pour vous !".

Avant de vous l’envoyer, j’ai fait lire ce courrier à une amie, qui a tenu à y apporter son témoignage, qui montre que le naturisme peut même avoir des vertues thérapeutiques insoupçonnées, notamment au niveau de l’image de soi :

« J’ai découvert le naturisme, d’abord sur des plages et au bord de rivières, puis en centre naturiste. Là, j’ai découvert un autre aspect de la psychologie humaine qui m’a fait faire un grand bond en avant dans la reconquette de mon estime. J’ai perçu le regard des hommes non pas comme assexué, mais plutôt comme sexuellement neutre. Je ne me suis plus sentie objet, mais sujet. J’étais
une personne et non un sexe. Je me suis sentie propre… pure… car j’étais pure dans le regard des hommes.
Vivre nu, sans entraves, laisser respirer son corps et par là-même son esprit, se sentir libre, une liberté peu commune, j’ai parfois du mal à expliquer ce ressenti, c’était comme si on apprenait à se redécouvrir soi même, comme si on se reconnectait à soi, dans la profondeur, dans l’intime…C’était extraordinaire, toutes ces nouvelles sensations…
J’apprends aussi par le naturisme, à me respecter, à commencer à aimer mon corps, à vouloir l’entretenir puique il n’y a rien de plus magnifique, qu’un corps de femme ou d’homme nu…. On apprend à développer la confiance en soi et les autres; c’est la raison pour laquelle, le naturisme est une véritable thérapie de l’image de soi, un médicament à dose homéopathique… Un traitement doux et de fond incontournable !!!

Rentrée de vacances, je montrais naïvement des photos à un ami non naturiste.
Quand il m’a vue nue, il m’a dit :"Tu sais que tu es bonne !!!". Je suis retombée brusquement de mon petit nuage. Je me suis de nouveau sentie un objet, une chose, je me suis sentie comme violée par la pensée. J’étais retombée de
plein pieds dans cette société que l’on dit civilisée, et j’ai réalisé que les naturistes formaient vraiment un monde à part. Un monde qu’il faut protéger, car il permet à la vraie nature de l’homme de s’exprimer, une nature non pervertie… authentique… Un monde aussi qu’il faut faire connaître. J’ai tellement envie de faire partager ces moments uniques à d’autres, peut-être encore
récalcitrants, par pudeur…, par fausse pudeur car la vraie pudeur est ailleurs…
C’est tellement bon de vivre nu… Il y a certainement une multitude de personnes dans mon cas… des naturistes qui s’ignorent. Il est vraiment dommage de passer à côté d’un tel bonheur simplement par manque d’information, ou par
peur de se remettre en question. »

Que dire de plus après un tel témognage, sinon que pour résumer, le naturisme c’est :
— La LIBERTÉ :
Liberté de ne plus porter aucun vêtement, d’être nu sans aucune barrière entre le corps et les éléments naturels.
Liberté de ne plus traîner comme un boulet la marque de la société.
— L’ÉGALITÉ :
Égalité sociale : nus, nous sommes sans repères vestimentaires de différenciation sociale.
Égalité devant la différence : s’assumer tel que l’on est, sans chercher à se conformer à une norme esthétique, c’est montrer aux autres qu’on ne cherche pas à les tromper, c’est éprouver le bonheur de recevoir en retour le respect de tous.
— LA FRATERNITÉ :
Être nu c’est supposer a priori que l’être humain est bon, sans arrière pensée sexuelle ni violente. Être nus en collectivité, c’est savoir que les autres ont le même état d’esprit. Plus qu’une confiance mutuelle, c’est une complicité.

Veuillez me pardonner pour la longueur de mon courrier, mais s’il vous laisse l’impression que maintenant le livre est imprimé…, vendu…, qu’il vous échappe…, et que vous auriez tant voulu rectifier une ou deux phrases…,
alors mon courrier n’aura pas été inutile.

Bien cordialement

Christian Suavet (45 ans, agriculteur, 06 Antibes)
CSuavet@a…
http://members.aol.com/Nature06

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